Gilbert est passé tout près d’un deuxième succès d’étape. Le revoici avec le maillot vert sur les épaules

Vingt-quatre heures après son échec du Mûr-de-Bretagne, Philippe Gilbert a bien failli prendre une éclatante revanche, hier au Cap Fréhel, où seul Mark Cavendish a pu devancer le Wallon.

“Sans un problème de développement, je gagnais peut-être” , pestait pourtant le Liégeois dès sa descente de machine. “Quelqu’un a touché à ma roue arrière à 6-700 m, ma chaîne a sauté sur le 12 et je n’ai plus pu passer sur le 11. Sans cela, peut-être que Cavendish n’aurait pas pu me remonter... Je suis passé tout près, je suis déçu.”

Le sprint semblait pourtant mal engagé pour le Wallon.

“Oui, j’ai été enfermé à 2 km 500 de l’arrivée et ce fut sans doute ma chance” , avouait le Liégeois. “Subitement, comme par miracle, toutes les portes se sont ouvertes devant moi. Comme si je n’avais qu’à suivre un chemin.” Pourtant, au lendemain de l’épisode VDB , aplani depuis une discussion entre les deux hommes, le coureur d’Omega Pharma-Lotto a fait un autre déçu dans sa formation, Greipel, arrivé sixième, pestait après coup. C’est furieux que l’Allemand est monté dans le bus de son équipe.

“Le but était d’emmener le sprint de Greipel” , reconnaissait Gilbert, “mais à cause de la descente, je suis arrivé à pleine vitesse en vue de l’arrivée et j’ai poursuivi mon élan.”

Une heure plus tard, Gilbert apprenait le déclassement de Rojas et de Boonen dans le sprint intermédiaire et la récupération du maillot vert qu’il portera à nouveau durant l’étape de ce jeudi.

“C’est une belle surprise” , lâchait-il en étant mis au courant.

“Dommage que les commissaires n’ont pas décidé plus tôt de ce déclassement, recevoir le maillot vert sur le podium, ça n’a pas de prix pour les sponsors ! C’est à ce moment-là, qu’il y a le plus de téléspectateurs. Mais, sportivement, c’est une bonne nouvelle. C’est aussi justice car le sprint a été dangereux. Franchement, j’ai eu peur. J’étais derrière eux, s’ils étaient tombés, je tombais aussi, mais, bon, je sais quels risques je prends en me mêlant à ses sprints. Je compte d’ailleurs continuer tant que je serai en lice pour le maillot vert, dans les sprints intermédiaires et aux arrivées, en espérant conquérir un maximum de points.”

À commencer par cette étape menant à Lisieux, où la finale et l’arrivée sont taillées à sa mesure.

“On annonce de la pluie et du vent” , disait-il encore. “C’est une étape très longue (NdlR : la plus longue avec 226 km), ce sera très dur et sans doute dangereux, comme aujourd’hui (hier). Il y a eu de nombreuses chutes “, paraît-il, j’espère que tous ceux qui sont tombés ne sont pas trop blessés, mais, franchement, ça ne me concerne pas. On sait qu’on doit rouler devant. Ceux qui tombent, ce sont ceux qui sont derrière, qui ne sont pas bien placés.”



© La Dernière Heure 2011