Après sa démonstration, samedi, dans la côte de la Fosse-aux-Loups à Landerneau, Julian Alaphilippe semblait avoir signé un nouveau bail avec le maillot jaune, mais le Français a dû le laisser, dès le lendemain, à Mathieu Van der Poel.

C’est avec le maillot vert de leader du classement par points que le coureur de Deceuninck-Quick Step roulera ce lundi entre Lorient et Pontivy.

"Avoir un maillot distinctif, c’est toujours sympa, avouait Alaphilippe. Maintenant, j’aurai porté tous les maillots du Tour, le blanc, celui a pois, le jaune et désormais le vert."

Évidemment, le Français aurait préféré poursuivre son règne sur le Tour.

"Je n’ai pas de regret , poursuivait-il. J’ai donné le maximum. Je ne vais pas chercher d’excuses, j’ai senti tout de suite que j’avais les jambes lourdes. Ça allait bien mais ce n’était pas exceptionnel. À l’arrivée, cela s’est fait à la jambe et, tout simplement, Mathieu était le plus fort. Dès le premier passage dans Mûr-de-Bretagne, j’ai senti que je devais m’économiser pour l’arrivée, ce n’était pas mon jour, j’avais les jambes douloureuses."

Le champion du monde a tenu également à rendre hommage à son successeur à la tête du classement.

"Hier (samedi), Mathieu était déçu, raconta Julian Alaphilippe. Pourtant, il était venu me dire qu’il était heureux pour moi. Aujourd’hui (dimanche), c’est moi qui l’ai félicité. On se tire la bourre toute la saison, mais on s’apprécie. Nous faisons du vélo de la même manière, je suis très content pour lui."

D’autant que l’Auvergnat n’a bien sûr pas abdiqué l’ambition de retrouver le maillot jaune sur ce Tour.

"Il y aura encore des opportunités. Je ne suis pas loin au classement général, mais avant cela, il y aura les sprints où nous travaillerons pour Mark Cavendish."

En attendant le troisième grand…

On a pu se rendre compte ce week-end que le niveau du championnat de Belgique n’était pas celui du Tour. La conquête du maillot tricolore par Wout van Aert, une semaine plus tôt à Waregem, avait gonflé les espoirs de voir l’Anversois jouer les premiers rôles lors des étapes d’ouverture de la Grande Boucle. Un peu trop sans doute. Le coureur de Jumbo-Visma était bien là, samedi à Landerneau et dimanche à Mûr-de-Bretagne, mais van Aert a dû à chaque fois se contenter d’un rôle de témoin. Vingt-quatrième de la 1re étape, le Campinois a terminé à peine une place plus près du vainqueur le lendemain. Il est désormais 19e du classement à 31 secondes de Mathieu van der Poel. S’il a montré qu’il était en condition, le champion de Belgique ne semble pas disposer, pour le moment, de la même forme que les deux autres membres du club des "trois grands". Même Primoz Roglic, comme Tadej Pogacar, est apparu plus saignant que le Belge pour qui le chrono de mercredi sera un vrai test révélateur. Avant cela, ce lundi, on devrait vivre à Pontivy le premier sprint massif du Tour sans doute suivi par un autre, mardi à Fougères dans une arrivée en très légère montée. C’est dans cet exercice que Wout van Aert a enlevé, ces deux dernières années, ses trois succès d’étape sur le Tour de France.