Suite aux conditions climatiques dantesques, la 19e étape a été arrêtée. Voici les réactions de divers coureurs, chefs d'équipe et du patron du tour.

"Une décision courageuse mais juste" pour Dave Brailsford, le patron d'Ineos

"C'était une décision courageuse mais correcte de la part d'ASO", a déclaré le team manager d'Ineos Dave Brailsford vendredi, après la neutralisation de la 19e étape du Tour au sommet du col de l'Iseran. "On ne peut pas rivaliser avec une telle calamité naturelle et l'organisation a agi rapidement et correctement pour que tout le monde soit en sécurité."

"Supprimer l'étape aurait été injuste", a-t-il ajouté, en réaction au fait que Bernal et Ineos étaient favorables à la décision de ASO de ne pas désigner un vainqueur d'étape, mais d'établir néanmoins un classement au sommet de l'Iseran. "Il faut bien mesurer le temps quelque part."

"Les audacieux sont finalement récompensés à la fin de la journée", dit-il. "Ce matin, nous avons dressé un plan et nous voulions conquérir le maillot jaune. Nous n'étions peut-être pas l'équipe la plus forte de la course, mais aujourd'hui, nous voulions passer à l'action. Si nous pouvions faire une différence quelque part, c'était sur le Col de l'Iseran. Tout le monde a fait sa part du travail : nous avons exécuté le plan. Wout (Poels) a vraiment poussé le tempo, Geraint a d'abord attaqué et ensuite c'était au tour d'Egan. Qui sait ce qui s'est passé après le col ? Nous sommes arrivés au sommet dans une situation que nous voulions. Bien sûr, il y avait encore une descente et une montée, mais nous n'avons aucun contrôle sur les conditions météorologiques."


Peter Sagan: "aucune raison de prendre des risques"

Peter Sagan (Bora-hansgrohe) était toujours maillot vert à l'issue de la 19e étape du Tour de France vendredi, arrêtée au sommet du Col d'Iseran. Le Slovaque est bien parti pour ramener sa tunique verte à Paris, et estimait aussi qu'il "n'y avait aucune raison de prendre des risques".

"Ce n'est pas exactement la course qu'on attendait et nous avons un nouveau leader. Il n'y avait aucune raison de prendre des risques avec cette pluie et toute cette boue sur la route. Nous avons déjà eu un orage sur la fin de l'étape d'hier. Aujourd'hui c'était apparemment encore pire. Les organisateurs ont fait de leur mieux, je ne suis pas là pour les juger", a confié Peter Sagan.

Des éboulements de boue et de pierres, provoqué par une fort orage et de la grêle, ont rendu la route, que devait emprunter les coureurs, impraticable dans la descente du Col.


"ASO a pris la bonne décision", selon Greg Van Avermaet

"J'ai entendu à la radio que la course était annulée au sommet du Col de l'Iseran", a déclaré Greg Van Avermaet sur le compte Twitter de son équipe CCC, vendredi après la 19e étape du Tour. "J'ignorais ce qui se passait à ce moment-là mais ce n'était plus sécurisé pour les coureurs de poursuivre jusqu'à l'arrivée."

"ASO a pris la bonne décision d'arrêter la course. Bien sûr, ce n'est pas facile mais la sécurité du coureur devrait toujours prévaloir. J'étais quelques minutes derrière et la météo était bonne donc c'était un peu étrange d'arrêter, mais ce fut sans aucun doute la meilleure décision."

"Arrêter une étape, donnera toujours un avantage à certains coureurs et un désavantage à d'autres mais je pense que demain la course continue, et avec la météo qui est prévue, ce sera une autre étape de folie."


Christian Prudhomme, le patron du Tour

"C'était infranchissable", a déclaré le directeur du Tour de France Christian Prudhomme après l'arrêt de la 19e étape, vendredi, en raison d'une route rendue impraticable par un violent orage de grêle et une coulée de boue. "Dans un premier temps, des orages de grêle très localisés sur 5 kilomètres mais très violents, des grêlons comme des balles de ping-pong. Ensuite, une coulée de boue de 50 centimètres d'épaisseur sur 20 mètres de long. La route était coupée", a expliqué le directeur du Tour à Tignes, site d'arrivée initialement prévu.

"Il n'y avait que ça à faire. Dès qu'on a été informé de la coulée de boue, on a décidé, avec le président du collège des commissaires et Thierry Gouvenou (directeur de course), d'arrêter les coureurs", a ajouté Christian Prudhomme.

"On a fait en sorte de les prévenir le plus vite possible. On n'avait pas le choix, on les envoyait sinon au carton, la route était coupée. Ils étaient en plein effort, on leur a dit +ne prenez pas de risque+. Ils ne pouvaient pas comprendre sur le moment mais, après, quand ils ont vu les images...", a-t-il poursuivi.

"Les temps ont été pris à l'ancienne, à la main, au col de l'Iseran. Il n'y a pas de vainqueur d'étape mais il y a un maillot jaune (Egan Bernal) gagné dans la montée de l'Iseran, il est largement mérité", a conclu le directeur du Tour, adage à l'appui: "Contre la nature, on ne peut rien faire."