"Je suis content d’être arrivé en un seul morceau". Cette réflexion de Julian Alaphilippe (Deceuninck - Quick-Step) après la cérémonie protocolaire résume sans doute à elle-seule l’état d’esprit d’une bonne partie du peloton après cette troisième étape reliant Lorient à Pontivy.

A l’issue de cette journée morbihannaise, Tim Merlier s’est imposé pour sa première participation au Tour de France quelques semaines après avoir découvert victorieusement le Giro. Le Belge s’est imposé devant son compatriote et équipier Jasper Philipsen alors que Mathieu Van der Poel a conservé son maillot jaune. Mais cette réussite quasiment insolente d’Alpecin-Fenix paraît malheureusement dérisoire au terme d’une étape chaotique. "C’était très nerveux", a d’ailleurs reconnu le vainqueur du jour.

Le final effroyable de cette troisième étape relègue en effet le bonheur légitime de Tim Merlier au second plan. Car le bilan de ce troisième volet breton du Tour de France est très lourd. Trois coureurs et non des moindres n’ont pas franchi la ligne : Caleb Ewan (Lotto-Soudal), Robert Gesink (Jumbo-Visma) et Jack Haig (Bahrain-Victorious). D’autres se sont fait de grosses frayeurs à l’image de Geraint Thomas (Ineos-Grenadiers), qui s’est disloqué l’épaule mais qui a pu repartir après l’intervention efficace du service médical. Sur un plan purement comptable, Primoz Roglic (Jumbo-Visma) a perdu gros en chutant à neuf kilomètres de l’arrivée. Le Slovène a laissé 1’21’’ dans l’affaire et s’est râpé tout le côté gauche. L’ancien sauteur à ski n’a pas encore perdu le Tour de France mais sa chute pourrait avoir des conséquences dans les prochains jours et notamment lors du contre-la-montre de mercredi.

A la suite de ce terrifiant spectacle, Marc Madiot, le manager général de Groupama-FDJ, n’a pu retenir sa colère. Le Français, spécialiste des coups de gueule, a pointé une responsabilité collective face à cette hécatombe. Mais il est certain que le final très tortueux de cette troisième étape ne semblait pas approprié pour permettre à un peloton très nerveux de progresser avec un maximum de sécurité. Quelques coureurs, tels que Julian Alaphilippe ou Richard Carapaz (Ineos-Grenadiers), sont passés entre les mailles du filet et ont marqué de précieux points dans la lutte pour le maillot jaune. Mais ils ne doivent sans doute pas, ce soir, s’en réjouir.