La testostérone est la principe hormone sexuelle mâle, une hormone stéroïde du groupe des androgènes

PARIS La testostérone, en cause dans le cas positif de l’Américain Floyd Landis au Tour de France cycliste, est l’un des produits couramment retrouvés dans les analyses des contrôles antidopage.

Interdite par la réglementation depuis 1982, la testostérone est la principe hormone sexuelle mâle, une hormone stéroïde du groupe des androgènes.

Secrétée par les testicules, elle agit sur nombre d’organes (cerveau, coeur, muscles) et exerce notamment un effet anabolisant sur les muscles. Elle est prescrite par les médecins en cas d’insuffisance testiculaire.

Déviée de son utilisation thérapeutique par les sportifs, elle a pour principale conséquence d’accroître la force et la puissance musculaire.

Selon une récente étude australienne, le dopage à la testostérone pourrait affaiblir les défenses immunitaires contre les infections, voire à long terme contre le cancer.

La testostérone a longtemps posé des problèmes quant au seuil déterminant un contrôle positif. Au-delà d’un rapport testostérone/épitestostérone supérieur à six, le sportif était déclaré positif à moins qu’il apporte la preuve que le résultat était dû à une condition physiologique ou pathologique.

La technique d’analyse par spectrométrie de masse isotopique du carbone a permis de détecter ensuite l’apport exogène de testostérone. La signature isotopique d’une prise de testostérone ou de l’un de ses précurseurs peut ainsi être démontrée.

Autre avantage de l’analyse isotopique, elle possède une fenêtre de détection sensiblement plus longue après la prise du produit que le rapport testostérone/épitestostérone, qui redevient rapidement normal.

Le cas Landaluze

Une nouvelle méthode de détection prometteuse, la métabonomique, a été évoquée l’année passée. Au lieu de rechercher les produits de type androgène par eux-mêmes, comme le font les chimistes analystes, il s’agit de rechercher les effets physiologiques de ces produits par le biais de la spectroscopie par résonance magnétique nucléaire (RMN) et de classer les modifications constatées.

Dans l’histoire du cyclisme, la testostérone a donné lieu à des affaires retentissantes, notamment à la fin des années 1980, avant que l’EPO (erythropoïetine) devienne le produit dopant vedette.

Le Néerlandais Gert-Jan Theunisse, le coureur aux cheveux longs et au visage d’Indien qui fut l’un des personnages marquants du Tour de ces années-là (meilleur grimpeur et quatrième du classement final en 1989) a ainsi reçu notification à trois reprises d’un contrôle positif.

Plus récemment, l’Italien Francesco Casagrande et le Colombien Santiago Botero (qui a présenté ensuite un dossier médical en sa faveur) ont été déclarés «positif » à la testostérone.

Le dernier cas notable en date est celui de l’Espagnol Inigo Landaluze, le vainqueur du Critérium du Dauphiné 2005. Malgré un résultat positif, le coureur n’a pas été suspendu par sa fédération, ce qui lui a permis de participer au Tour de France 2006 (3e de la 10e étape à Pau).

L’Union cycliste internationale (UCI) a fait appel de cette décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), aujourd’hui en charge du dossier.

La prise de testostérone, en même temps que d’autres produits interdits, est régulièrement évoquée dans les témoignages lors des procès de dopage ou lors des confessions de «repentis » du sport.