S’ il m’arrive parfois de me demander si je suis bien sur le Tour de France lorsque je sors du bus dans le paddock de départ, tant il y fait calme, le doute me quitte instantanément dès que Christian Prudhomme abaisse son drapeau après le kilomètre zéro. Il n’y a aucune autre course au monde où cela roule aussi vite et la longue coupure qu’a imposée la crise sanitaire n’a aucunement changé cette vérité. Dans les cinquante premiers kilomètres de la sixième étape, je ne pense pas que mon compteur est descendu souvent sous la barre des 50 km/h. Jeudi, nous sommes parvenus à placer mon équipier Neilson Powless dans la bonne échappée. Pour avoir accompli le début de saison à ses côtés en Australie, j’ai pu observer ses qualités de près et je peux vous assurer que c’est un gars dont on entendra encore parler dans les prochaines années. Il est jeune (24 ans), mais possède déjà un gros moteur, comme on dit dans le jargon, et de réelles capacités pour les courses par étapes. Il n’est pas aussi filiforme (67 kilos) que certains grimpeurs mais grimpe vraiment bien. En plus de cela, c’est un gars vraiment sympa ! Avec mon équipe EF Education First, nous avons pris la tête du classement par équipes. C’est évidemment très chouette car il s’agit, selon moi, d’un bon indicateur de l’homogénéité de notre sélection sur la Grande Boucle. Avec Uran (14 e ), Higuita (21 e ), Carthy (30 e ) et Martinez (32 e ), nous sommes bien représentés dans les premières places. Cela nous offre des opportunités tactiques intéressantes. Et puis cela nous autorise aussi la coquetterie d’arborer un casque et un dossard jaune. Et porter du jaune sur le Tour de France, c’est toujours un peu spécial…