Au lendemain de son succès dans la 100e édition du Tour de France, victoire fêtée tard dans la nuit parisienne avec sa compagne Michelle, ses amis, ses équipiers et le staff de l’équipe Sky, Chris Froome a quitté hier la Ville Lumière à bord de la Jaguar F-TYPE Sport à large bande jaune, arborant des photos prises par ses fans, que le constructeur automobile britannique, partenaire de la formation, lui a offerte pour le remercier de son succès.

Celui qui mène désormais le classement mondial, après sa 2e place à Tirreno en mars, ses succès au Tour de Romandie, au Dauphiné et au Tour de France, a mis le cap sur le nord, la Belgique et les Pays-Bas où il doit disputer une série de critériums ces prochains jours. À commencer par celui d’Alost où il était hier en début de soirée.

"Je prends ces prochaines semaines comme un break mental", a dit le coureur britannique, né au Kenya, qui, dimanche soir, sur le podium du Tour, avait tenu à convaincre ceux qui doutent de ses prestations. "C’est l’événement sportif le plus beau de la Terre et gagner la centième édition est un honneur au-delà de tous mes rêves. Voici un maillot jaune qui résistera à l’épreuve du temps. Après l’histoire récente de notre sport et les révélations récentes, je crois que quiconque allait porter le maillot jaune serait soumis à un examen attentif et aux critiques. Il a fallu que je m’habitue à cette idée. Tout le peloton est contre le dopage."

Sur les Champs-Élysées, le deuxième coureur britannique à remporter la Grande Boucle avait aussi dédié son succès à sa mère, décédée quelques semaines avant sa première participation au Tour, en 2008.

"J’aurais tout donné juste pour voir son sourire avec moi entrant dans Paris", a-t-il confié. "Sans ses encouragements pour que je poursuive mon rêve, je travaillerais dans un bureau et je serais certainement devant ma télé en ce moment. C’est dommage qu’elle ne soit pas là, elle aurait été fière."

Contrairement à ce que fut très souvent la règle ces dernières années, quand les vainqueurs du Tour mettaient un terme à leur saison au soir de la victoire ou peu après, Christopher Froome veut encore briller cette saison. Et pas dans n’importe quelle course ! S’il ne disputera pas la Vuelta, où il s’est, respectivement, classé deu- xième et quatrième depuis 2011, l’ancien étudiant en sciences économiques de l’Université de Johannesbourg s’est mis un nouveau défi en tête: remporter le Championnat du Monde.

Celui-ci aura lieu le dimanche 29 septembre prochain à Florence, en Toscane, sur un circuit qualifié de très difficile par ceux qui l’ont reconnu.

"Le Mondial n’est pas si souvent à l’avantage des grimpeurs, mais ce sera le cas cette année", dit-il. "C’est une chance à ne pas rater. C’est pourquoi je veux me focaliser sur ce rendez-vous dans la seconde partie de ma saison et pour cela, je resterai motivé à conserver ma condition dans les prochaines courses. Je veux encore faire des choses cette saison et certainement pas y mettre un terme brusquement."

Et si le Britannique est en Italie fin septembre, ce sera dans un seul but, succéder à son voisin monégasque Philippe Gilbert.

"Gagner les maillots jaune et arc-en-ciel serait un incroyable doublé", dit le coureur de Sky. "Jusqu’à maintenant, tout a été fait en fonction d’une victoire au Tour, mais devenir champion du monde est certainement, juste derrière, le plus important trophée cycliste."

À six reprises seulement, un vainqueur du Tour est parvenu à remporter le Championnat du Monde sur route la même saison. Cinq hommes en fait ont réussi ce doublé peu commun, les Français Georges Speicher (1933) et Louison Bobet (1954), Eddy Merckx, qui a réalisé cette performance deux fois (1971 et 1974), l’Irlandais Stephen Roche (1987) et, le dernier, l’Américain Greg LeMond (1989), il y a vingt-quatre ans déjà.