Mauvais jour pour Maxime Monfort qui a perdu plus de 24 minutes

L'ALPE D'HUEZ Il aura fallu attendre 24 minutes 18 secondes, après la victoire de Sastre, pour voir enfin arriver Maxime Monfort sur la ligne d'arrivée de l'Alpe d'Huez. Un temps qui parut interminable. Le soleil avait quasi déjà disparu derrière les montagnes environnantes, il commençait à faire froid. Entendant nos appels, le Wallon franchit résolument le cordon de policiers pour prendre le temps, malgré tout, d'expliquer sa journée de galère. On l'emmena dans un coin encore ensoleillé pour qu'il ne prenne pas froid.

"Dès le début de la journée, j'ai senti que je n'étais pas trop bien, raconte-t-il avec lucidité, mais j'ai chassé mes idées négatives en me disant que ça pouvait changer en cours d'étape. Toutefois, dès que les CSC ont commencé à hausser le rythme dans la Croix de Fer, j'ai éprouvé des difficultés à suivre. Pourtant, je connais bien ce col, je savais qu'il comportait deux replats et je me motivais en me disant qu'il me suffisait de les atteindre, mais cela n'a malheureusement pas suffi."

Un confrère d'une radio française s'immisce dans la conversation et lui demande si cette étape était si dure que ça. Maxime s'impatiente, répond sans détour que c'est une "bête question" (sic), mais qu'il veut bien y répondre s'il le faut.

"Je reviendrai l'an prochain pour faire mieux"

On poursuit. "Ce n'est pas la fin du monde, relativise le coureur wallon. Certains s'étaient gaussés quand j'ai dit que je voulais prendre une place dans les 15 premiers à Paris. La haute montagne aura juste duré un jour de trop. C'est la dure réalité du Tour. Je ne sais pas à quoi cette faiblesse est due. Je ne me ressens pourtant pas de ma chute de mardi. Je ne peux nier, cependant, que j'avais déjà pris un coup au moral dans l'étape d'avant-hier, quand je n'avais pu accrocher le bon wagon. Je n'ai dormi que trois heures la nuit dernière, mais je sais par expérience que ça n'a pas forcément une influence négative sur la performance. Tant pis, je reviendrai l'an prochain pour faire mieux. Et puis je n'ai pas dit mon dernier mot, il reste deux étapes difficiles."

On retrouve le Monfort qu'on connaît, toujours à se remotiver, à positiver. À 25 ans, il a déjà (presque) tout compris de la vie !



© La Dernière Heure 2008