Tour de France

Patrick Lefevere ne veut pas ajouter plus de pression qu'il n'en faut sur les épaules vêtues de jaune de son Français Julian Alaphilippe, leader du Tour de France. "Il va essayer de garder son maillot jaune, mais s'il n'y parvient pas, ce n'est pas grave, notre Tour est déjà réussi", a estimé le patron de la formation Deceuninck-Quick Step lors de la seconde journée de repos lundi à Nîmes.

L'homme d'affaire belge rêve pourtant de remporter une première fois la Grande Boucle, et semble n'avoir jamais été en aussi bonne position pour combler cette lacune à son palmarès, mais la route est encore longue et Alaphilippe n'a pas été avare de ses efforts.

"Julian me surprend en effet", a ajouté Patrick Lefèvere. "Nous pensions qu'il allait ramasser un moment, mais ce n'est pas encore le cas. Il a perdu du temps hier (dimanche), mais c'est parce qu'il a commis une erreur en réagissant de façon impulsive à l'attaque de Pinot. Cela n'arrivera plus lors de cette dernière semaine. Il porte le maillot jaune et avec lui on ne sait jamais prévoir, donc, oui il peut gagner le Tour. Mais le chemin est encore long, tout le monde a abattu ses cartes hier et j'ai vu des faiblesses aussi chez Geraint Thomas et Steven Kruijswijk. Nous n'avons pas suffisamment de grimpeurs chez nous, alors notre tactique sera de défendre. Ce n'est pas à nous d'attaquer. On sait que le plus dur arrive avec les Alpes. Quoiqu'il arrive notre Tour est réussi avec trois victoires d'étape et ce maillot jaune.

Davide Bramati, le directeur sportif de Deceuninck-Quick Step, craint aussi un retour de manivelle pour son coureur. "Il a perdu beaucoup de forces", constate l'Italien rejoignant l'avis d'autres observateurs.

Entre ses attaques d'Epernay (3e étape), de Saint-Etienne (9e étape), ses efforts fournis en tête du peloton pour son sprinteur Elia Viviani sur les étapes de plat, son contre-la-montre disputé à bloc et les deux usantes étapes pyrénéennes, Alaphilippe ne s'est pas préservé.

Son directeur sportif voit mal les journées à venir comme de réelles chances de recharger les batteries. "Dès mercredi (vers Gap), il y aura sûrement 100 coureurs qui voudront aller dans l'échappée, donc cela pourrait aller à bloc pendant 100 kilomètres. Et ensuite, les Alpes...", liste l'Italien.

De plus, depuis le début du Tour, Alaphilippe n'a passé que quatre étapes sans le maillot jaune. Le reste du temps, il a dû se soumettre au long protocole qui accompagne chaque fin d'étape d'un maillot jaune.

Lundi encore, il a passé près de 20 minutes avec la presse dans une salle surchauffée, avant de s'octroyer un peu de repos.