Phonak continue d’alimenter la chronique

PARIS Au long de ses sept années d’existence, l’équipe cycliste Phonak de l’Américain Floyd Landis, déclaré positif à la première analyse dans le Tour de France, a été confrontée à plusieurs reprises au problème du dopage.

Le Belge John Lelangue, qui a pris les commandes de la formation suisse fin 2004, a imposé une ligne de conduite ferme après des affaires qui avaient amené la commission des licences de l’Union cycliste internationale (UCI) à refuser l’accès au ProTour à l’équipe suisse. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) était revenu sur cette décision.

Au coeur de la saison 2004, trois coureurs ont été convaincus de dopage sanguin et licenciés par la suite. Le Suisse Oscar Camenzind, ancien champion du monde en 1998, pour prise d’EPO. L’Américain Tyler Hamilton, champion olympique du contre-la-montre à Athènes, et l’Espagnol Santiago Perez, deuxième de la Vuelta, pour transfusion sanguine à partir du sang d’un donneur compatible.

Suite à ces affaires, John Lelangue a défini un protocole soumettant systématiquement les coureurs, cinq jours avant une épreuve pour laquelle ils sont sélectionnés, à des analyses sanguines comportant divers paramètres (globules rouges, réticulocytes, hémoglobine, hématocrite). Des contrôles sanguins sont également réalisés à la veille et durant les différentes épreuves par les médecins de l’équipe.

Un code interne

Dans ce code interne, qui obéit au principe de précaution, Phonak a défini ses propres valeurs, «nettement plus contraignantes que celles validées par l’UCI ». L’équipe s’est réservée le droit d’exiger «que le coureur concerné ne prenne pas part aux compétitions et soit mis au repos ».

Malgré ces efforts, Phonak a continué d’alimenter la chronique.
A cause de l’Espagnol Santos Gonzalez, interdit de départ par son employeur au matin de la 18e étape de la Vuelta en septembre dernier, ou encore du Colombien Santiago Botero et de l’Espagnol José Enrique Gutierrez, dont les noms ont été cités dans l’enquête en cours sur un réseau présumé de dopage sanguin en Espagne.

Premier de ses collègues à avoir agi avant le départ du Tour, John Lelangue a choisi d’écarter les deux coureurs de la Grande Boucle, bien que Botero (vainqueur de plusieurs étapes par le passé) et Gutierrez (2e du Giro 2006) aient été les deux grimpeurs attendus de l’équipe en soutien de Landis.

D’autres coureurs de Phonak, moins connus, ont eu maille à partir avec la réglementation antidopage. Cette saison, le Suisse Sascha Urweider, a été déclaré positif en début d’année à la testostérone.