Quatre ans après sa victoire à l’Alpe d’Huez, le Français s’est imposé dans un autre lieu mythique : le Tourmalet.

Thibaut Pinot est décidément un homme de goût. Déjà vainqueur au sommet de l’Alpe d’Huez sur le Tour 2015, aux Lacs de Covadonga lors de la dernière Vuelta ou encore au bord du port de Côme sur le Tour de Lombardie, le Français s’est imposé samedi dans un autre lieu de légende : le Tourmalet.

Un succès qui efface un peu de l’immense frustration qui l’habitait depuis lundi et ce coup de bordure sur la route d’Albi qu’il avait encaissé comme un uppercut.

"J’avais la rage, j’ai vécu ce fait de course comme une profonde injustice car je me sentais en superforme, commentait le coureur de chez Groupama-FDJ. Cette erreur était collective et on s’est promis de rebondir tous ensemble avec mes équipiers. Je ne pouvais pas imaginer quitter ce Tour sans une victoire… Ce n’est pas que la colère qui m’habitait depuis ma perte de temps à Albi qui m’a porté sur cette montée du Tourmalet. La victoire procure des sentiments tellement forts qu’on en devient vite accro, on veut les revivre au plus vite… (rires) J’avais cette première grande étape des Pyrénées dans la tête depuis des semaines déjà !"

Pour porter son leader au succès, l’équipe Groupama-FDJ a exécuté un plan couché en amont sur papier.

"La seule qui n’était pas véritablement prévue, c’est le tempo endiablé que les Movistar ont imposé dans le Soulor, poursuit Pinot . Cela a mis beaucoup de monde dans le dur. Mais lorsque nous sommes arrivés dans le Tourmalet, nous avons pu reprendre nos repères. On s’était dit avec David Gaudu que cela ne valait pas le coup de tenter le forcing à plus de huit kilomètres de l’arrivée. Mon jeune équipier s’est donc mis à la planche au moment convenu. Il a accompli un énorme boulot et opéré un sacré écrémage. Quand je lui demande quelque chose, je le sens transcendé par sa mission… (rires). Il me restait à conclure en gardant mon sang-froid dans le dernier kilomètre."

L’appétit du Franc-Contois ne semble pas rassasié pour autant. "Je veux maintenant retrouver le podium à Paris (NdlR : il avait terminé 3e du Tour 2014) , je sais que j’en suis capable. On entre dans la partie la plus décisive de ce Tour et les grimpeurs vont, selon moi, naturellement émerger. J’attendais les grands massifs avec impatience car c’est là que l’on y opère les vraies différences. J’espère maintenant bien digérer cette journée car le menu de ce dimanche est des plus copieux. Suis-je en mesure de renverser Alaphilippe ? Je ne regarde pas encore aussi loin. Je suis désormais sixième du général, mais encore à trois minutes de Julian qui m’a fait forte impression sur toute la montée finale. Il est en passe de faire quelque chose de grand…"