Steven Kruijswijk aurait dû faire partie de l'armada Jumbo-Visma sur ce Tour 2020. Finalement blessé, le grimpeur néerlandais a dû laisser sa place en dernière minute. C'est donc en tant que téléspectateur qu'il suit ce Tour de France. Et quelle ne fut pas sa surprise quand son équipier et compatriote Tom Dumoulin a sacrifié ses propres chances pour aider Primoz Roglic, samedi.

"La seule chose qui me dérange est que Tom n'est plus dans le coup pour remporter le classement général", a-t-il confié dans une interview à Cyclingnews. "Ce n'est pas une bonne chose pour l'équipe, même si Primoz a montré qu'il était en forme. Il n'y avait pas besoin de faire ça si tôt dans ce Tour de France. Car c'est un grand coureur et il est capable d'être au top niveau pendant trois semaines."

S'il reste confiant en Roglic, Kruijswijk aurait donc aimé que sa formation garde un leader de rechange un peu plus longtemps: "Mais tout s'est peut-être décidé en une demi-seconde. C'était peut-être dû à un manque de confiance en lui, après une si longue période sans courir. Je ne suis pas à sa place et je ne sais pas comment il se sent, comment vont les jambes. Mais ce n'était clairement pas le plan que j'avais compris venant de l'équipe".

Merijn Zeeman, l'un des directeurs sportifs de l'actuel maillot jaune du Tour, a confirmé au quotidien AD que Dumoulin était arrivé à Nice, au départ du Tour, avec le statut de leader de rechange: "Il a fait ça (se sacrifier, NdlR) instinctivement. Ce n'était pas nécessaire et cela ne faisait pas partie de notre plan. Nous en avons parlé après".

Et dire que tout le monde prédisait le problème inverse à Jumbo-Visma, avec une potentielle lutte interne pour le leadership...