Hirschi, qui court pour la première fois le Tour sous le maillot de l'équipe Sunweb, a battu d'une cinquantaine de secondes le Français Pierre Rolland, en avant-garde d'un groupe de poursuite réglé par le Danois Soeren Kragh Andersen, un coéquipier du Suisse, qui prend la troisième place.

Passé près de la victoire à deux reprises depuis le départ de Nice, le Suisse s'est imposé cette fois en attaquant à 28 kilomètres de l'arrivée, dans l'ascension du Suc au May, une côte sévère qui domine le massif des Monédières.

Champion du monde espoirs 2018, Hirschi s'était incliné face à Julian Alaphilippe à l'arrivée de la deuxième étape à Nice. Il avait aussi frôlé le succès dimanche dernier dans la seconde étape pyrénéenne, à Laruns, où il avait été repris à l'approche de l'arrivée (3e).

Le dernier succès d'un coureur suisse dans le Tour de France datait de 2012, quand Fabian Cancellara, un voisin de Hirschi, avait gagné le contre-la-montre d'ouverture à Liège (Belgique).

Dans cette étape, la plus longue de l'épreuve avec 218 kilomètres, l'échappée, formée à l'occasion d'une première heure menée tambour battant, a réuni 6 coureurs (Erviti, L. L. Sanchez, Politt, Walscheid rejoints par Asgreen et Burgaudeau). Mais la poursuite de l'équipe Bora a limité l'écart à deux minutes jusqu'à la jonction à 42 kilomètres de l'arrivée, suivie d'une rafale d'attaques.

Un groupe (Soler, Schachmann, Pacher, Benoot, K. Andersen, Hirschi) a fini par se dégager dans l'avant-dernière côte du parcours. Mais la décision s'est faite dans le mur du Suc au May, sur le démarrage de Hirschi qui a forcé l'allure, descente comprise.

Derrière lui, Julian Alaphilippe, finalement retardé par un problème mécanique aux abords de l'arrivée, s'est démené au sein d'un groupe qui est resté à une cinquantaine de secondes.

Le peloton, avec les favoris, est arrivé avec un retard supérieur à deux minutes.

Vendredi, la 13e étape, entre Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) et le Puy Mary (Cantal), présente le dénivelé le plus important de cette édition, 4400 mètres, au long des 191,5 kilomètres. Sept ascensions figurent sur le parcours qui se conclut par la montée jusqu'au Pas de Peyrol, très raide dans sa partie finale et classée en première catégorie.


"Je ne trouve pas les mots"

"Je n'aurais jamais pensé que je pouvais le faire. C'est juste incroyable, j'ai été très proche de la victoire à deux reprises. J'ai un peu mal au dos, je n'avais pas bien dormi, mais je me suis dit que je devais me lancer. Le plan, c'était de partir dans l'échappée, mais ensuite Bora a contrôlé la course alors nous avons changé la tactique. J'ai pensé qu'il fallait attaquer, ce n'était pas dans le plan mais j'ai suivi mon feeling", a déclaré Marc Hirschi dans la flash-interview, lui qui fut 2e à Nice et 3e à Laruns dans des étapes du début de Tour. "Je ne pensais pas que j'irais jusqu'au bout, j'ai seulement réalisé dans le dernier kilomètre que c'était bon. C'est ma première victoire professionnelle et c'est sur le Tour, je ne trouve pas les mots. L'étape de Laruns m'a donné de la motivation et aussi de la confiance. Je ne pouvais pas faire trois podiums sans victoire."

Revivez la 12e étape