Les Espagnols se sentent pousser des ailes, y compris ceux de l'US Postal

PERPIGNAN Les Alpes sont déjà derrière le dos. Au fond, tout au fond, par temps clair, on devine la bannière étoilée que les US Postal et Lance Armstrong, en particulier, ont plantée sur les sommets. Certains diront qu'il a posé, sur l'Alpe d'Huez et sur Chamrousse, les fondations d'un nouveau succès. Peut-être mais pas encore acquis pour autant. La pratique de l'anglais restera indispensable. Celle de l'allemand est conseillée. Et il conviendra, aussi, de bien posséder la langue de Cervantes au cours des trois prochains jours. Quelque chose se murmure, au sein de la caravane, que la colonie ibérique va très bientôt se déchaîner. Elle a, en tout cas, placé quatre de ses éminents représentants aux six premières places du contre-la-montre de Chamrousse et l'idée de s'illustrer sur les pentes abruptes des Pyrénées leur a, paraît-il, effleuré l'esprit.
A ce sujet, Armstrong n'a pas fait de mystère. Plus on se rapproche de la frontière, plus Roberto Heras et Jose Luis Rubiera, les deux Espagnols de la formation US Postal, se sentent pousser des ailes à l'idée de briller devant des supporters qui seront bien plus nombreux du côté de Saint-Lary Soulan qu'ils ne l'étaient dans les environs de Grenoble. Voilà donc tout le monde prévenu
Ce qui n'empêchera pas Armstrong et Ullrich d'encore croiser le fer. Si l'Américain tient, aujourd'hui, l'Allemand en respect au classement général, ce n'est pas pour autant que le coureur de la Telekom est disposé à baisser pavillon sans même relever le défi. Dans les Pyrénées, il y a encore du temps à prendre. Ou à perdre, c'est selon. Ullrich le sait. Armstrong, lui, ne l'a pas oublié: `J'ai tiré beaucoup d'enseignements de mes victoires précédentes en 1999 et en 2000. Il y a des jours où tout va et il y a également des jours sans. J'avais bien réussi à Sestrières et à Hautacam mais j'avais payé ma débauche d'énergie dans le col du Soulor, la première fois, et dans la montée de Joux Plane, la seconde.´
Et puisqu'on en est aux comparaisons, pourquoi ne pas en établir une autre, entre le Lance 1999 et le Lance 2001. `Je ne sais pas si je suis meilleur que les années précédentes. Je sais simplement que je m'astreins à un entraînement de plus en plus dur. Et, peut-être que Lance Armstrong peut encore franchir un palier.´
Pour arriver à un tel niveau de condition physique, l'Américain avoue avoir particulièrement travaillé sa résistance et sa musculation. Et, au niveau de la préparation des étapes, il n'a pas négligé, non plus, le moindre détail. Tous les endroits clés des vingt étapes, Armstrong les a reconnus, disséqués, étudiés.
Quand le Texan descend sur l'Europe, on sait qu'il n'a rien laissé au hasard...

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