Patrick Lefevere était soulagé, ses yeux affichaient des dollars...

MONACO On ne va pas l'appeler Oncle Picsou, ce ne serait pas sympa de notre part. D'ailleurs, chez Quick Step, un autre que lui fait les comptes et transforme en argent le moindre article ou image consacrés à cette formation. Il n'empêche que l'une des premières réactions du manager concernait son soulagement par rapport à ses sponsors.

"Oui, je suis effectivement soulagé pour mes partenaires financiers. Que voulez-vous ? Nous sommes professionnels, donc nous parlons d'argent."

Il est vrai que le Tour 2007 de Boonen, qui avait terminé en vert à Paris, avait rapporté l'équivalent en publicité de 25 millions d'euros à l'équipe. Et l'on ne parle pas ici des nouveaux clients séduits dans le monde entier, à partir de juillet, par le parquet laminé...

Cela mis à part, Lefevere n'était pas non plus peu fier de s'être entêté dans cette affaire Boonen. "Beaucoup avaient fait notre procès avant même que nous n'allions en Justice" , disait-il ainsi. "Ce succès est donc en effet partiellement dû à notre volonté d'aller au bout des choses et d'épuiser tous les recours dont nous disposions. Je remercie l'UCI qui nous a filé un bon coup de main en se tenant au règlement."

Le boss des Quick Step voulait surtout tourner une page qui avait sans doute paru très lourde pour toutes les personnes impliquées dans l'équipe. "Parfois, j'ai l'impression que Tom (Boonen) était encore le plus serein d'entre nous" , disait-il encore. "Du moins celui qui arrivait le mieux à relativiser la situation. Je pense néanmoins qu'il part avec un handicap. Là où Cavendish, par exemple, a pu aborder ces derniers jours l'esprit tranquille, Tom, lui, a eu bien du mal à se concentrer sur son métier. Mentalement, sa situation n'a pas été facile à gérer, mais nous n'allons pas nous plaindre. Nous participons au Tour avec l'équipe prévue et nous allons tenter de nous distinguer de la meilleure manière possible." Donc en gagnant.



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