Le média suisse "Le Temps" s'est attardé la semaine dernière sur les performances de certains coureurs du Tour de France. Aucun n'est directement cité mais quatre équipes sont nommées: le Team UAE-Emirates, la Deceuninck-Quick Step, la Jumbo-Visma et la Bahrain-Victorious. Quatre équipes qui ont remporté 15 des 21 étapes du Tour qui vient de se terminer et qui ont ramené les quatre maillots distinctifs à Paris. Bahrain s'est également offert le classement par équipes.

Au cours des dernières semaines, les performances de Cavendish, Pogacar, Mohoric ou même Van Aert (surtout de l'autre côté de nos frontières) ont, entre autres, fait jaser sur les réseaux sociaux. Mais est-ce vraiment un bon indicateur ? Selon Pierre Carrey, le journaliste auteur de l'article dans "Le Temps", le peloton s'agace lui aussi. Il cite notamment les propos d'un coureur du Tour, qui a évidemment souhaité rester anonyme: "Il y a un bruit étrange quand ils roulent. Ça provient de la roue arrière. Un bruit métallique, comme une chaîne mal réglée. Je n'ai jamais entendu ça nulle part. Quatre équipes ont ce petit grésillement." Les quatre précitées, évidemment.

Selon notre confrère, qui fait également mention de mystérieuses boissons ingurgitées par les coureurs de ces équipes durant la course, "Ils sont au moins trois dans le peloton à vouloir apporter de la lumière dans un climat de paranoïa oppressant."

En milieu de Tour, des perquisitions ont eu lieu à l'hôtel de l'équipe Bahrain et une enquête a été ouverte. Depuis, Mohoric a offert un troisième succès d'étape à Bahrain-Victorious, vendredi dernier. Franchissant la ligne d'arrivée avec l'index sur la bouche, comme pour faire taire ces rumeurs nées quelques jours avant.


"Ces trois coureurs-enquêteurs estiment que cela va trop loin"

Cet article a énormément fait parler, à tel point que son auteur a décidé d'amener des précisions sur sa page Facebook personnelle. Selon lui, "La situation actuelle dans le peloton est grave. Et ça date de 2019 environ (...) Tout dans la structure du vélo a changé depuis 2-3 ans. Argent, sponsors-états, politique antidopage de l'UCI, filières de recrutement des (très) jeunes coureurs. Etc. Ce 'nouveau vélo', il faut continuer à l'expliquer et le raconter."

Concernant les trois "coureurs-enquêteurs", il précise qu'ils ne sont pas tous Français, ont des palmarès différents et ne sont peut-être pas les seuls à effectuer des recherches: "Beaucoup partagent le même trouble. J'ai reçu plusieurs textos en ce sens", raconte Pierre Carrey. Le constat qui pousse à ce climat de suspicion est le suivant selon lui: "Nous ne sommes pas dans un schéma traditionnel avec des vainqueurs plus forts que les autres et des perdants qui perdent car ils sont moins forts (ou moins chanceux). Ils sont vraiment heurtés. Dire qu'ils seraient 'jaloux' est insultant. Ils acceptent d'être battus par plus fort qu'eux. Ils ont même 'accepté' le dopage classique, qui fait bouger les positions. Sauf que là, ils estiment (c'est leur métier, je leur fais confiance) que nous sommes allés 'trop loin'."

Et de préciser, toutefois: "En fin de compte, peut-être que tout trouvera une explication rationnelle hors dopage. Qui sait ?"