Nous avons suivi toute la préparation du premier contre-la-montre d'un coureur

Envoyé spécial en france quentin finné

CHOLET Exercice particulier s'il en est, le contre-la-montre nécessite une préparation très spécifique. De l'échauffement au départ depuis la rampe de lancement, nous vous détaillons une montée en température type.

H-4 h 30 : "Ce chrono est moins long que ce qu'on connaît habituellement sur le Tour (NdlR : 29,5 km), nous racontait Christophe Brandt avant le chrono de Cholet. L'alimentation est donc moins importante, mais il n'est aucunement question de la négliger. On avale donc une bonne assiette de pâtes 4 h 30 avant le départ contre 3 h sur une étape classique. Sur un chrono on est, par définition, plus vite dans le dur. Manger une heure trente plus tôt permet de prendre le départ avec une digestion terminée."

H-1 h : Le cérémonial est pratiquement identique chez chacun des coureurs. Soixante minutes avant son départ, l'athlète sort du bus tout confort de sa formation dans laquel il a longuement patienter. Les écouteurs du lecteur MP3 vissés sur les oreilles, certains prennent encore le temps pour une photo ou un autographe, d'autres sont déjà dans leur bule. Le vélo de chrono a été monté sur les rouleaux par le mécano de l'équipe. Le coureur y prend place pour entamer son échauffement sur le petit plateau.

H-50 minutes : après une mise en jambes au cours de laquelle l'athlète a surtout cherché à décontracter sa musculature, il accélère ensuite son échauffement. Les mains placées sur les prolongateurs de son guidon, il fait monter le coeur en pulsation en augmentant le braquet utilisé. Le home-trainer souffle comme une turbine industrielle et les gouttes de sueur s'amoncellent sur le front du coureur.

H-30 minutes : après avoir alterné les intensités, le coureur s'astreint à un dernier long effort et conclut son échauffement par une phase de retour au calme qui lui permet de faire descendre sa fréquence cardiaque. Pendant celle-ci, le directeur sportif passe très régulièrement d'un coureur à l'autre, histoire de le motivier encore un peu plus, de lui rappeller les derniers pièges du parcours ou de lui signaler un éventuel c hangement de direction du vent. "Chaque coureur a un échauffement différent , raconte Roberto Damiani, directeur sportif de la formation Silence-Lotto. Celui-ci est mis au point lors des stages hivernaux avec le médecin et l'entraîneur de l'équipe. Pour certains on a par exemple décelé qu'il était préférable d'augmenter quelque peu la durée de son échauffement. C'est un moment très important pour la réussite d'un chrono ."

H-12 minutes : après être remonté dans le bus pour sécher sa sueur et enfiler sa combinaison, le coureur met le cap vers le portique de départ pendant que le mécano charge le vélo de réserve sur le toit de la voiture suiveuse.

H-10 minutes : le coureur se présente chez les commissaires qui vérifient le poids de son vélo ainsi que la longueur de ses prolongateurs dont la taille est limitée.

H-9minutes : un employé d'ASO vient apposer la plaque métallique reprenant le nom du coureur sur la voiture suiveuse de manière à ce que téléspectateurs et spectateurs puissent facilement l'identifier. La voiture des commissaires de courses se positionne derrière celle du directeur sportif.

H-3 minutes : après quelques minutes d'attente, l'athlète est invité à monter sur le podium de départ pour y signer la feuille de départ. Le stress monte d'un cran.

H-1minutes : Il est maintenant temps de prendre place sur la rampe de lancement. Les yeux rivés sur un cadran décomptant les secondes le séparant du départ, beaucoup prenent plusieurs grandes respirations. Le bras de la caméra de France Télévisions descend à hauteur du visage. Le commissaire entame le décompte final. Cinq, quatre, trois, deux, un, c'est parti...



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