Tour de France Le suspense a pris fin, Christian Prudhomme a enfin révélé le parcours du 101e Tour de France. Certaines étapes étaient déjà connues, d'autres fortement pressenties. Au final, on retiendra surtout la présence des pavés, les cinq arrivées au sommet, le départ d'Angleterre et l'unique contre-la-montre, pour un Tour qui ressemble dans les grandes lignes à celui de 2013, et qui placera donc une nouvelle fois Chris Froome tout en haut de la liste des favoris.

Bon, Cavendish, tu le prends ce maillot?

Mark Cavendish devait déjà être le premier maillot jaune du centième Tour de France. Le cycliste le plus bankable du peloton a croisé le bitume corse sur sa route, et s'est fait voler la vedette par Marcel Kittel. Un an plus tard, le Cav' se devra d'être au rendez-vous des premiers kilomètres de la Grande Boucle. Les organisateurs ont même été jusqu'à fixer la première arrivée d'étape de l'année dans un "bled" (toutes proportions gardées) de 100.000 âmes, en grande partie parce que la maman du Cav' habite à Harrogate. Si avec ça, il ne va pas chercher son maillot jaune...

Du classique et des classiques

Le parcours de la première semaine ne recèle pas d'énorme surprise. Comme chaque année, nous avons droit à un "petit Liège-Bastogne-Liège" qui accouche souvent d'une souris. Par contre, entre les étapes où seul le dernier kilomètre sera passionnant, il y aura un sacré pavé à digérer pour les coureurs sur la route d'Arenberg. Neuf secteurs pavés seront au programme, dont le Carrefour de l'Arbre ou le secteur de Mons-en-Pévèle. Quand on sait que le dernier passage sur les cahoteuses routes du nord avait coûté ses dernières illusions à Armstrong et une énième clavicule à Frank Schleck, les favoris se devront d'être prudents.

Pour le reste, les sprinters semblent recevoir leur chance comme rarement ces dernières années, où la tâche leur était souvent rendue moins facile, avec notamment des côtes placées en fin de parcours qui semblent moins présentes pour cette cuvée 2014.

Des sommets avant les Alpes

L'autre "nouveauté" de cette Grande Boucle par rapport à l'an dernier, c'est la présence d'arrivées en côte avant les deux grands massifs traditionnels. Avec La Mauselaine d'abord, et ses 1.800 mètres d'ascension à du 10,3% de moyenne au-dessus de Gérardmer qui font penser à ces étapes de plus en plus fréquentes sur le Giro ou la Vuelta. Joaquin Rodriguez doit déjà saliver... 

Avec la Planche des Belles Filles ensuite, déjà de retour deux ans après sa première visite, et qui avait sacré Chris Froome à l'époque. Jusque là, les pavés semblent être le seul adversaire à la mesure du tenant du titre.

Des Alpes roulantes

Chamrousse et Risoul seront les deux arrivées au sommet dans les Alpes. Des cols roulants, avec des pentes pas trop exigentes et des routes larges, sans doute histoire d'éviter que des écarts démesurés se creusent déjà à mi-Tour, comme ce fut le cas l'an dernier. Soulignons toutefois la systématisation des arrivées en altitude, là où le Tour avait l'habitude de varier entre arrivées au sommet et au pied d'une descente, ces dernières se révélant d'ailleurs souvent plus spectaculaires, aussi paradoxal que cela puisse paraitre. 

Pyrénées athlétiques

Après quelques traditionnelles étapes de transition, direction les Pyrénées, qui devront servir de juge de paix dans un triptyque infernal: on commence avec une étape longue et usante, plus de 200 bornes entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon pour faire sortir du peloton les aspirants au maillot à pois, avec le Port de Balès, l'une des difficultés fétiches de Christian Prudhomme, en juge de paix.

Pour les deux étapes suivantes, arrivées en altitude et étapes nerveuses au programme. Le Pla d'Adet et Hautacam seront les derniers sommets décisifs, au terme d'étapes de moins de 150 kilomètres. Un moyen de mettre le surpuissant Froome en difficulté? L'an dernier, c'est lors de l'étape de montagne la plus courte que le Kenyan blanc avait montré ses uniques signes de faiblesse sur les pourcentages.

Un chrono et puis les Champs

À la veille de l'arrivée, place à l'unique exercice chronométré de cette Grande Boucle. À l'exception du Tour 2011, le contre-la-montre reste donc le vilain petit canard des Tours griffés Preudhomme. Pas sûr que les Martin et Cancellara auront envie d'être de l'aventure, surtout quand l'unique chrono est placé au bout de trois semaines de course. La récupération fera des coureurs de classement des challengers plus que redoutables.

Et voilà, c'est tout. Ah non, pardon. Après, il y aura ce défilé sur les Champs, toujours aussi monotone. Toujours pas de contre-la-montre conclu en apothéose sur la plus belle avenue du monde à l'horizon...