Samedi soir, au sommet de la Planche des Belles Filles, Wout Van Aert a longtemps cherché à consoler son leader Primoz Roglic en lui caressant le dos comme pour effacer la déception incrustée au maillot du Slovène.

"C’est tellement dur de perdre de cette manière, à la veille de l’arrivée à Paris", soufflait le champion de Belgique de contre-la-montre, 4e du seul chrono de ce Tour. "Personne n’a vu venir ce qui s’est passé; ce n’était pas le vrai Primoz sur le vélo. Lors d’un petit discours, il a tenu à remercier toute l’équipe pour le boulot qu’on a abattu. J’ai beaucoup de respect pour lui, c’est un vrai champion ! Même si ce Tour se conclut sur une note particulièrement amère, nous avons vécu une fantastique aventure collective que je n’oublierai jamais !"

Sur un plan plus individuel, l’Anversois aura été l’un des grands acteurs de ce Tour. Avec deux victoires d’étape mais aussi un énorme boulot abattu en haute montagne, il a frappé les esprits.

"J’ai encore sprinté sur les Champs-Élysées (6e), mais nous n’avons pas pu mettre notre train en place comme nous l’aurions souhaité", poursuivait le triple champion du monde de cyclo-cross. "J’ai ensuite perdu un peu de vitesse en raison d’une manœuvre de Viviani; c’en était fini de mes espoirs de succès."

Du rond-point de l’Étoile, le coureur de chez Jumbo-Visma semblait déjà scruter l’horizon comme pour y discerner l’arc-en-ciel auquel il songe déjà.

"Mes sensations lors du contre-la-montre de samedi me donnent confiance pour les Mondiaux. Je pense pouvoir nourrir l’ambition légitime d’y monter sur la plus haute marche du podium. Après deux jours de repos à la maison (NdlR : comme Campenaerts et Benoot, il ne s’alignera pas sur les championnats de Belgique de ce mardi), je prendrai la direction de l’Italie mercredi en fin d’après-midi. Mais j’ai d’abord besoin de souffler un peu…"