Au bout de l’avenue de Romans, lorsque Mark Cavendish a levé les bras, Wout Van Aert et Jasper Philipsen sont tous les deux passés sous chacune des aisselles du Britannique, humant le parfum de la troisième victoire du Manx Express sur ce Tour de France. Deuxième et troisième de cette 10e étape, les deux Belges se rejoignaient dans leur discours.

"Je me suis occasionné une grosse frayeur dans les derniers kilomètres, lorsque Kasper Asgreen s’est écarté après son boulot, commentait van Aert quelques instants après avoir accepté sans aucune rancune les excuses du Danois derrière la ligne. Si sa manœuvre n’avait absolument rien d’intentionnel et fait partie des choses qui peuvent arriver dans un final aussi nerveux, elle a tout de même failli m’envoyer au sol. Mais cela ne m’a pas véritablement gêné dans ma préparation du sprint puisque mon équipier Mike Teunissen m’a idéalement placé dans la roue que tout le monde voulait prendre ce mardi : celle de Mark Cavendish."

Une seconde place conquise à la pédale, sur laquelle le champion ne nourrissait aucun regret. "C’est toujours plus facile de refaire le sprint après coup. Peut-être aurais-je dû sortir de la roue du Britannique plus tôt pour réaliser un sprint long (NdlR : l’une des spécialités de Van Aert), mais avec le vent qui soufflait de face dans les derniers hectomètres j’ai jugé plus intelligent de ne pas me découvrir trop tôt. Cavendish était tout simplement le plus rapide, il n’y a pas grand-chose d’autre à avancer pour expliquer son succès…"

Second à Pontivy et Châteauroux et troisième à Fougères, Jasper Philipsen a décroché un nouveau podium sur une arrivée au sprint de ce Tour. "Mais vous vous doutez bien que cela ne me satisfait pas, soufflait le coureur de chez Alpecin-Fenix. Ça prouve que je suis dans le coup à chaque fois, mais en cyclisme il n’y a que la première place qui compte."

Orphelin de Van der Poel et Merlier (abandons), deux éléments clés de l’autre train bleu, le Campinois reconnaissait la suprématie des Deceuninck-Quick Step dans la finale. "Mon équipier Jonas Rickaert a fait un super boulot mais on jouait un peu à deux contre six, lançait Philipsen dans un rire jaune. Tout le monde voulait sauter dans la roue de Cavendish pour négocier au mieux ce sprint et je n’ai pas réussi à en déloger Wout Van Aert. Nous appartient-il à nous, les sprinters belges, de sauver le record d’Eddy Merckx (NdlR : 34 étapes conquises sur le Tour contre 33 désormais à Mark Cavendish) ? Ce sera compliqué… J’avais le sentiment que le Britannique était prenable sur cette arrivée mais son collectif est tellement fort ! Mes sensations tout au long de la journée me réconfortent quelque peu. J’ai le sentiment d’avoir plutôt bien digéré les efforts consentis dans les Alpes et je vais continuer à me battre pour aller chercher cette étape que je veux vraiment enlever. Mais j’ai à nouveau laissé passer une belle opportunité…"