Voilà d'où viendra le danger pour les Flandriens

BRUGES Ils ne connaissent pas un traître mot de néerlandais mais ils savent le plus souvent mieux que les autres greffer sur les monts et les murs flandriens leur propre langage, qu'il soit issu d'un patois toscan ou lombard. La Toscane et la Lombardie, précisément, constituent les deux pôles italiens les plus prisés pour contrer une nouvelle fois la Flandre ce dimanche.

Vainqueur sortant, Andrea Tafi (37 ans) a préparé chez lui, près de Florence, le Ronde 2003. «Je ne suis qu'à septante pour cent de mes possibilités », avoue celui qui est aussi l'ancien lauréat de Paris-Roubaix, de Paris-Tours et du Tour de Lombardie, aujourd'hui employé par CSC. «J'ai traîné comme un boulet, en ce début de saison, des ennuis dorsaux de même qu'une méchante grippe. Mais je me dois de renvoyer l'ascenseur à Bjarne Riis, qui m'a accordé sa confiance. Alors, que ce soit ici au Ronde ou dans les semaines qui viennent à Paris-Roubaix et à l'Amstel Gold Race, je dois réaliser un truc.»

C'est en Toscane aussi que Mario Cipollini a peaufiné sa condition. «Par expérience, je sais que La Panne peut se révéler très dangereuse, note le champion du monde. De toute façon, Milan-Sanremo a prouvé que mon état physique était convaincant. A 36 ans, je passe les bosses encore mieux qu'avant! Et si j'ai terminé 9e au Ronde en 2002, je peux espérer me classer dans des positions très nobles cette fois-ci. Ainsi faisant, je pourrais peut-être m'emparer du maillot distinctif de la Coupe du Monde.»

Mais pour cela, il devra passer sur le corps de Paolo Bettini, qui n'a quitté lui aussi sa Toscane natale qu'en cette fin de semaine. En revanche, Michele Bartoli, vainqueur du Tour des Flandres en 1996, et Dario Pieri, 2e du Ronde en 2000, ont repassé toutes leurs gammes dans les Flandres depuis huit jours. «Il fallait bien que j'accumule un maximum de kilomètres dans mes guiboles après avoir effectué mon retour à Milan- Sanremo, estime Bartoli, victime d'un déplacement de la hanche en janvier lors d'une chute à l'entraînement en Espagne. Les courses belges me fascinent comme au premier jour et décrocher une place d'honneur ne me semble pas irréalisable.» A ses côtés, Pieri ne dit pas autre chose: «Les jambes tournent bien. Avec Celestino (2e à Sanremo), je serai le leader naturel de l'équipe ce dimanche. Le Tour des Flandres m'attire mais mon rêve secret reste Paris-Roubaix.»

De la Toscane à la Lombardie, le chemin est moins long qu'il n'y paraît. Triomphateur à Meerbeke en 2001, Gianluca Bortolami a de l'expérience à revendre sur les classiques, lui qui est un ancien vainqueur aussi de la Coupe du Monde. «Je suis en meilleure forme aujour- d'hui qu'en 2001», énonce le leader des Vini Caldirola-Sidermec, qui sera épaulé, ce week-end, par un Romans Vainsteins en condition ascendante.

Equipier modèle à Milan-Sanremo, où il favorisa les desseins de Bettini, et 3e de la Flèche Brabançonne, Luca Paolini devra également être suivi à la trace. «Je suis un néophyte sur le Ronde mais j'apprends généralement très vite», sourit le Milanais.

© Les Sports 2003