La météo pesera sur le déroulement d’un Ronde au parcours déjà musclé

BRUGES Ce ne sera peut-être pas aussi apocalyptique que ne le furent les éditions 1969 ou 1985, désormais entrées toutes deux de plain-pied dans la légende. La première avec le raid solitaire de 70 bornes d’Eddy Merckx, la seconde qui reste le chef-d’œuvre d’Eric Vanderaerden dont la carrière n’assouvit jamais toutes les espérances. Pourtant ce Ronde 2010 devrait être marqué par la météo.

Pluie, vent, froid sont au programme de ce dimanche de Pâques et la course, déjà difficile par elle-même, va y gagner deux ou trois degrés dans l’échelle des difficultés. Autrefois, cette perspective de courir en hiver sur des routes flandriennes, monts et pavés compris, déjà infernales, aurait rebuté l’immense majorité des coureurs étrangers venus se frotter aux nôtres. Mais les temps ont changé et même les Espagnols ne rechignent plus à y goûter.

Juan Antonio Flecha est en effet un des quatre ou cinq grands favoris d’une course que Tom Boonen, tout comme l’énigmatique Stijn Devolder d’ailleurs, peut gagner pour la troisième fois. Ce qui en ferait (tous les deux, bien sûr) le recordman. Un Suisse, Fabian Cancellara, un Danois, Matti Breschel, et même un… Wallon, Philippe Gilbert, sont les autres coureurs auxquels les observateurs auront accordé le plus régulièrement 3, 4 ou 5 étoiles dans leur pronostic.

Pour autant, le Ronde , au tracé revu, des secteurs pavés ajoutés aux alentours des 200 kilomètres et le Molenberg repositionné plus loin (donc plus près de l’arrivée) dans la file des quinze difficultés, ne se limitera pas à cette poignée de prétendants avérés. Parce que l’aspect tactique ne peut être tout à fait négligé, les formations qui, à défaut de posséder un vrai vainqueur potentiel dans leurs rangs, présentent un bloc solide, peuvent, elles aussi, peser sur le déroulement de l’épreuve. Liquigas (Bennati, Oss, Quinziato, Kuschynski), Rabobank (Nuyens, Langeveld, Boom) ou même… Bouygues (Chainel, Turgot, Bonnet, Pichot), par exemple, sont dans ce cas. Un seul credo doit être le leur : attaquer, durcir la course, isoler les favoris et profiter de leur surnombre éventuel ou du marquage que pourraient se livrer les principaux candidats à la succession de Stijn Devolder.



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