Le chef de file des Lotto remporte son second Ronde

MEERBEKE Très effacé (c'est le moins que l'on puisse écrire) à Milan-Sanremo, les coureurs belges ont pris une éclatante revanche sur leurs terres, ce dimanche. Peter Van Petegem a remporté, pour la deuxième fois de sa carrière, le Tour des Flandres, devant son compagnon d'échappée, Frank Vandenbroucke qui, lui, signe un superbe retour parmi les meilleurs du peloton.

Le coureur de la formation Lotto, qu'on avait vu revenir en condition lors des Trois Jours de La Panne, a donc pleinement justifié son statut de favori. Peter Van Petegem a profité au maximum de sa connaissance de l'épreuve et de son intelligence tactique. Alors que le Tour des Flandres, épargné par la pluie et, par moment, baigné par le soleil, risquait de lui échapper, il a su porter les assauts décisifs aux meilleurs moments.

Grâce à deux attaques portées l'une dans la côte de Ten Bosch, en réplique à une accélération de Johan Museeuw, l'autre dans le Mur de Grammont, où seul Frank Vandenbroucke fut son égal, Van Pet' a décroché un nouveau triomphe dans le Ronde dans lequel il se sent tellement bien. Profitant du moins bon résultat de Bettini, le vainqueur de la Primavera en mars, le leader de la formation Lotto, a endossé, aussi, le maillot de la Coupe du monde, qu'il défendra dimanche prochain sur les routes de Paris-Roubaix.

Van Petegem vainqueur, ce n'est pas, directement, une surprise, puisque le Flandrien avait témoigné, ces dernières semaines, d'un joli retour en forme. La seule réserve qu'on émettait à son sujet concernait son équipe, car trop souvent, il s'était retrouvé un rien esseulé face aux armades de Quick Step ou de Rabobank par exemple. Dans ce Tour des Flandres aussi, Van Petegem a dû, prioritairement, compter sur lui, mais ses équipiers, dont un excellent Van Sevenant, ont collaboré à son succès en réduisant à néant un assaut dangereux mené par huit coureurs, tous Italiens (!) à plus de 60 km de l'arrivée. A cet instant de la course et en découvrant dans le commando transalpin des hommes comme Bettini, Baldato, Cassani ou Balducci, on a cru, un moment, que la course était pliée. Mais Van Sevenant d'une part, Marc Wauters, qui oeuvrait pour Boogerd, d'autre part, ont ramené le peloton sur cette échappée réellement dangereuse.

Tant mieux aussi pour la formation Quick Step car il s'est avéré plus tard que Bettini avait présumé de ses forces. Museeuw, encore insuffisamment remis de la maladie, a voulu donner le change dans sa côte favorite du Ten Bosch où il avait placé, autrefois, des attaques décisives. Cette fois, le Lion des Flandres s'est fait contrer, brusquement, par Van Petegem. Heureusement pour Johan, Vandenbroucke a sauvé les meubles de la maison Quick Step.

Car on ne peut manquer, bien entendu, de souligner la superbe performance de Frank Vandenbroucke. Ce coureur est réellement un homme doué et on regrette d'autant plus les mois, voire les saisons qu'il a gâché. Comme en 1999, Frank a terminé deuxième du Ronde. Comme il y a quatre ans, il a été battu par Van Petegem. Cette année-là, ils étaient trois, Museeuw, complétant le trio vainqueur. Dans la foulée, Frank, à l'époque, avait terminé 7e d'un Paris-Roubaic qu'il ne devait pas courir et, surtout, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège. Un tel scénario pourrait se reproduire, Frank, on l'a vu, est revenu parmi les meilleurs et, moralement, il est à nouveau très fort.

Sur le Mur de Grammont, le coureur wallon fut le seul à répondre à l'assaut de Van Petegem, qu'il tenta même de distancer dans l'ultime bosse, le Bosberg. Il se savait barré au sprint, il a cependant couru sa chance jusqu'au bout, évitant ainsi le retour d'un groupe de neuf coureurs parmi lesquels O'Grady, Baldato, Mattan, Guesdon, Ivanov, Ekimov, Boogerd et Bruylandts. Ces hommes ont dû finalement se contenter de sprinter pour la troisième place après avoir réussi, au pied du Mur, à revenir sur les premiers de la course dont, déjà, Van Petegem et Vandenbroucke qu'accompagnaient alors Guesdon, Mattan et Bruylandts. Car à 24 km du but, quatre Belges figuraient parmi les cinq premiers. De quoi oublier que 40 bornes plus tôt, il y avait en tête deux Allemands poursuivis par...huit Italiens. Heureusement pour Van Petegem et Vandenbroucke, que Van Sevenant et Wauters ont, alors, accéléré la cadence !