Cyclisme

Le Mur de Huy a été, pour la 16e fois, le juge de paix de la Flèche Wallonne, dont la 83e édition a été disputée mercredi entre Ans et Huy sur la distance de 195 kilomètres. Le Français Julian Alaphilippe (Deceuninck - Quick-Step) s'est succédé à lui-même au terme d'un dernier mano à mano avec le Danois Jacob Fuglsang.

L'ascension finale du Mur de Huy a été le théâtre d'un duel entre les battus de la récente Amstel Gold Race, le Danois Jacob Fuglsang lançant l'offensive et emmenant dans son sillage le Français Julian Alaphilippe qui allait le dépasser dans le dernier hectomètre.

"Je peux avoir donné l'impression que j'étais facile, mais cette course est très dure et la finale a été usante", a indiqué Julian Alaphilippe. "Mais j'ai été très bien épaulé par mes coéquipiers qui m'ont d'abord ramené après un changement de vélo à deux tours de l'arrivée et qui ont, ensuite, fourni un travail parfait dans l'approche du Mur de Huy. Le vélo, c'est aussi un sport d'équipe."

La Flèche Wallonne était importante pour le coureur français qui n'a pas usurpé son rôle de favori. "J'ai déjà beaucoup gagné cette saison, notamment aux Strade Bianche, à Milan-Sanremo, à Tirreno-Adriatico, mais la Flèche me tenait particulièrement à cœur. C'est à Huy que j'ai gagné en 2018 mon premier succès majeur, devant une très grand champion, Alejandro Valverde. Je ne vais jamais l'oublier. Je ressentais donc beaucoup d'attentes, de ma part et de l'extérieur, pour cette édition. Je me suis donc concentré sur ma course. Encore une fois, je veux remercier mon équipe pour le travail que j'ai pu conclure en m'imposant à Huy. Nous avons pris nos responsabilités dès le kilomètre 0."

Malgré sa chute dans le 3e étape du Tour du Pays Basque, le 10 avril, Alaphilippe a abordé les classiques ardennaises en pleine possesion de ses moyens. "Je sens que je suis aujourd'hui au top au niveau des jambes. Jusqu'ici, en 2019, j'ai été présent sur tous mes objectifs. Ma période italienne - Strade Bianche, Tirreno, Sanremo - a été incroyable. Je sais, par ailleurs, qu'il fallait savoir gérer mon rôle de favori à la Flèche, un statut qui m'était donné malgré mon contretemps au Pays Basque. Et je suis donc super content d'avoir gagné."

Alaphilippe a encore salué la prestation de son sauphin à Huy, le Danois Jakob Fuglsang. "Nous nous connaissons bien. Jakob est un coureur humble, qui sait se faire mal, qui ne fait pas de coups dans le dos. Nous sommes certes différents: il est meilleur que moi dans la haute montagne, mais il sait aussi être explosif. C'est, pour moi, un très grand adversaire."

Julian Alaphilippe disputera Liège-Bastogne-Liège dont il s'est classé 4e en 2018. "Je ne peux pas encore en parler. Je vais d'abord récupérer. Mais je suis très motivé par cette course que je vais essayer de gagner."


"On peut me féliciter pour ma 2e place", estime Jakob Fuglsang

Deuxième mercredi, le Danois Jacob Fuglsang s'est déclaré content de son résultat dans une course pas complètement à sa mesure.

"Je pense qu'on peut me féliciter, je suis très près de la victoire", a indiqué Jakob Fuglsang. "Dimanche, j'étais déçu de la finale de l'Amstel avec le sprint et le retour de van der Poel. Mais j'ai réussi à battre Julian Alaphilippe pour la 3e place. A Huy, j'ai donné tout ce que j'avais. Julian m'a passé dans la dernière ascension du Mur. J'ai réussi à revenir sur lui mais il est resté le plus fort jusqu'au bout."

Le Danois a, par ailleurs, précisé qu'il était plus à l'aise dans les courses par étapes. "Je pense donc que la Flèche ne me convient pas vraiment, contrairement à Alaphilippe, et, donc, je dois être content de ma 2e place, qui démontre ma forme actuelle. J'ai déjà envie d'être dimanche à Liège-Bastogne-Liège."

Jakob Fuglsang a souligné la nervosité de la course de mercredi. "Le peloton était très nerveux: le changement de parcours et le vent ont été les éléments essentiels qui ont rendu la course agitée. Le but était, aussi, d'arriver en un seul morceau à Huy et il a donc fallu rester très concentré."


Diego Ulissi, 3e, a parfaitement pallié le mauvais jour de son leader Daniel Martin

L'Italien Diego Ulissi (UAE Team Emirates) s'est classé 3e, mercredi. La mauvaise journée de son leader, Daniel Martin, a changé la donne pour Ulissi dans la finale de l'épreuve wallonne.

"Notre leader Daniel Martin a passé une mauvaise journée et nous en avons été prévenus par la radio de l'équipe dans la finale de la course", a expliqué Diego Ulissi. "Les 40 derniers kilomètres ont été très mouvementés, avec de nombreuses attaques. Quand j'ai su que notre leader n'était pas au rendez-vous, j'ai essayé de réagir, de récupérer au maximum dans les derniers kilomètres. Ma mission initiale était de me placer dans l'échappée de la finale, dans les 20 derniers, ce que j'avais réalisé. J'ai donc pu jouer ma carte personnelle in extremis mais je n'ai aucun regret par rapport à cette situation. Je savais, en tout cas, que Fuglsang et Alaphilipppe étaient très forts. Terminer derrière eux est donc un bon résultat pour moi."

Interrogé sur un éventuel changement de configuration de son équipe UAE Team Emirates pour Liège-Bastogne-Liège, qui sera disputée dimanche, le coureur italien a indiqué que Daniel Martin, dans un mauvais jour mercredi, était un coureur essentiel pour l'équipe. "Le team ne devrait pas changer pour Liège. On verra comment sera la condition de Daniel Martin et, s'il va bien, il restera notre leader."