Une semaine après sa contre-performance au Mondial, Wout Van Aert n’a pu prendre de revanche. Les yeux irrités par la boue et à moitié fermés, le Campinois a reconnu qu’il n’était pas dans un jour exceptionnel. "J’ai peut-être commis une erreur en les enlevant, mais avec des lunettes on peut subitement se retrouver aveuglé par la boue", expliqua le Belge. "Mais ce n’est pas une excuse ; c’était vraiment une course très dure."

Jusqu’à Arenberg, le champion de Belgique avait tous les atouts en main. "Je me sentais bien, c’était intéressant d’avoir des équipiers forts devant", analysait le leader de Jumbo-Visma, qui avait placé Van Hooydonck, Roosen et Affini dans l’échappée. "À Wallers, j’étais bien positionné, mais plusieurs coureurs ont crevé et j’ai reculé. Puis j’ai dû effectuer une brusque manœuvre pour éviter un coureur au sol. Dans mon mouvement, j’ai perdu ma chaîne que j’ai heureusement pu remettre en roulant. J’étais obligé de boucher un trou. Ce n’est pas là que j’ai perdu la course, mais j’ai gaspillé une sérieuse cartouche."

À partir de ce moment, le coureur anversois a semblé courir après les faits. "J’ai commis une grosse faute en étant mal positionné quand Mathieu a démarré", reconnut-il. "C’était encore loin et rien n’était alors perdu. Malheureusement, cet écart s’est révélé impossible à combler. En fait, sur les pavés mouillés, je n’avais pas les sensations que j’espérais, quand j’étais dans les roues, j’avais de l’appréhension. Quand vous êtes dans un super jour, vous êtes toujours bien positionné et vous ne commettez pas de faute. Je ne suis pas content de ma performance, mais, honnêtement, je ne crois pas que je pouvais gagner aujourd’hui."

Ses qualités de cyclocrossman n’ont donc pas vraiment avantagé le Belge. "Disons que c’est sympa d’avoir couru une édition pareille, mais c’est très dur", dit Wout Van Aert. "Il faut rester concentré en permanence, le danger peut survenir sur chaque secteur, dès le premier. Il faut être à tout moment aux avant-postes. Ce n’était pas préférable à une édition sèche, c’est surtout terriblement dangereux. Il faut continuellement avoir de la chance. "

Voici Van Aert en vacances. "Vous n’êtes pas près de me revoir, avoua-t-il. La saison a été très exigeante. J’ai besoin d’une longue période de repos, je l’attends avec impatience. J’espère m’arrêter au moins trois semaines et avant cela, je dois me débarrasser de cette douleur aux yeux."