C'est le cri d'alarme que lance la fédération belge à l'UCI

STUTTGART En marge des Championnats du Monde sur route se tiennent, à Stuttgart, les traditionnelles réunions, comités, congrès et commissions de l'UCI. Dans le contexte de quasi guerre civile que vit le cyclisme, le Congrès annuel qui a lieu, aujourd'hui, au Messe de la capitale du Bade-Wurttenberg, n'est pas sans intérêt. En coulisse, les discussions, les apartés, les guerres d'influence vont bon train. Les téléphones portables chauffent et les salons des hôtels officiels ne désemplissent pas de gens qui cherchent à faire valoir leur point de vue.

"Ils allument le feu et maintenant, ils cherchent les moyens de l'éteindre" , remarque un interlocuteur.

À l'image de la politique belge, le cyclisme, enlisé dans le bourbier du conflit UCI-Grands Tours, aurait besoin d'un démineur, d'un explorateur, d'un informateur ou d'un modérateur. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la démarche de la fédération belge dont le président, Laurent De Backer, et le directeur, Tom Van Damme, parleront aujourd'hui au Congrès en leur nom et en celui des autres fédérations européennes historiques (France, Italie, Espagne, Luxembourg, Autriche...).

"Le cyclisme est dans la pire situation qu'il ait jamais connue , nous disait hier Tom Van Damme. Ce qui était autrefois une famille unifiée risque de voler en éclats. On va au clash !"

Paradoxalement, cela au moment où la mondialisation semble possible, où elle est déjà une quasi-réalité dans certaines disciplines, comme la piste ou le VTT.

"Sur la route, où les coureurs viennent des cinq continents, mais pas encore les organisations, pour des raisons pratiques et de tradition , poursuit le directeur de la RLVB. Il faut des changements, l'idée du ProTour est bonne mais sa mise en place, d'une manière quasi dictatoriale, a fait sauter l'unité. Désormais, tout le monde se bat contre tout le monde, toutes les familles du cyclisme sont en désaccord. Dès lors, ce n'est plus une bonne idée."

La RLVB va refaire une proposition, déjà avancée il y a un an, mais qui avait été repoussée alors. Au- jourd'hui, il faut espérer que les différentes parties sont un peu plus prêtes à la discussion.

"Il faut une table ronde , dit Van Damme. On doit trouver un consensus, que chacun fasse un pas vers l'autre. L'UCI qui est partie prenante dans le conflit ne peut pas être modérateur. Il y a un risque de scission. Un jour, les organisateurs et les équipes discuteront et écarteront l'UCI. Le président McQuaid, qui est quelqu'un de bien, à un rôle à jouer important. Il peut devenir un grand président en tendant la main vers les autres, en écoutant les autres voix, en rassemblant."

Mais pour cela, l'Irlandais doit sans doute tuer le père et rompre le cordon qui le relie à Hein Verbruggen, son prédécesseur, lequel (on le lira encore ci-dessous) a fait du conflit avec ASO et le Tour une affaire personnelle qui nuit grandement au sport cycliste en général.



© La Dernière Heure 2007