Cyclisme

Jurgen Van den Broeck, détendu mais aussi déjà très concentré sur juillet, évoque son obsession d’un jour terminer parmi les trois premiers à Paris

BENICASSIM Une nouvelle fois, Jurgen Van den Broeck, dont la détermination force le respect de ses coéquipiers (“ il est impressionnant dans sa préparation, à multiplier les stages en solo”, souligne Gaëtan Bille), va tout miser sur le Tour de France.

Obnubilé par un podium à Paris, VdB, évoque, point par point, sa saison mais aussi sa personnalité.

Le Tour. “Cette saison, je vais à nouveau tout miser sur lui. Je sais, c’est une année de travail pour trois petites semaines, mais c’est le cyclisme actuel, il faut se spécialiser. Les coureurs de classiques, c’est la même chose : leurs rendez-vous ont lieu sur une courte période. Moi, je rêve du podium du Tour de France. Vais-je y arriver ou pas ? Je ne sais pas. Mais à la fin de ma carrière, je sais que je n’aurai pas de regret, car je fais tout pour y arriver. Avec mes moyens. C’est une course très particulière, incomparable avec le Giro ou la Vuelta. Au Tour, tout le monde se bat pour sa place. Si le 18e du classement général attaque, les 19e ou 20e vont réagir. C’est unique.”

Son âge . “Je vais avoir 30 ans cette année (le 1er février). Avec l’âge, je sens que je deviens plus fort et c’est une source de motivation. C’est souvent le cas pour les coureurs de Tour. Evans l’a gagné à 34 ans, Wiggins, à 32 ans. Je ne dis pas que je vais le gagner, mais je m’améliore physiquement, j’ai aussi plus d’expérience, je commets moins de fautes.”

Son équipe. “Je me sens vraiment très bien chez Lotto-Belisol, qui compte de nombreuses bonnes personnes. J’ai la chance de pouvoir jouer ma carte sur le Tour de France et ne pas être un lieutenant de luxe. Cela aurait pu m’arriver (NdlR : Alberto Contador a voulu qu’il rejoigne son équipe). J’ai beaucoup de respect pour mes coéquipiers, quand je vois tout le boulot que font pour moi des Bak ou des Hansen, par exemple. Sur le Tour, Hansen m’a dit “use me and abuse me”. Cela évoque son état d’esprit. Et il me disait tout le temps “eh, sur le podium, hein !”. Cela prouve que l’équipe a confiance en moi. C’est plaisant et rassurant.”

Les classiques. “Je ne les ferai pas en 2013. Ce n’est pas que je ne les aime pas, mais je n’y ai jamais bien marché, il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. Je préfère donc faire l’impasse, pour pouvoir disputer le Tour de Romandie à la place, une épreuve par étapes, qui me convient donc mieux et sur laquelle j’ai plus de chance de marquer des points WorldTour. Ces points sont importants pour moi et pour l’équipe. Je veux en marquer plus cette année.”

Majorque. “Je passe de plus en plus de temps à l’étranger pour m’entraîner. Dans les ascensions, en Espagne, c’est là que je progresse. Et maintenant, à Majorque, dans mon appartement, je me sens chez moi. Au début, il n’y avait rien dedans. Là, il commence à être un peu mieux aménagé. Cet hiver, j’ai fait deux semaines en Belgique, une semaine à Majorque, deux semaines en Belgique… J’ai une copine, mais la solitude ne me dérange pas. Je sais que je passe pour un maniaque de l’entraînement vu de l’extérieur, mais j’aime cette vie : rouler, me reposer, ne faire que cela, c’est plaisant.”

Le sport. “J’en ai besoin. Mentalement, c’est plus dur pour moi de ne pas faire de vélo que de m’entraîner. Après la Vuelta, quand j’ai abandonné, j’ai arrêté le vélo deux jours. Et puis j’ai directement senti le besoin de recommencer. Pour être honnête, je n’ai pas vraiment besoin de vacances…”



© La Dernière Heure 2013