Le grimpeur belge a impressionné ses adversaires et pris confiance avant le Tour

MORKHOVEN Ce n’est plus le même homme. Jurgen Van Den Broeck a chan- gé. L’Anversois, qui paraissait si nerveux avant les grands rendez-vous et mal à l’aise avec les médias, semble désormais détendu.

Tout en conservant son côté très sérieux, soucieux de ne pas négliger le moindre détail (“une méthode de travail que j’ai acquise chez Discovery Channel mais aussi en évoluant aux côtés de Cadel Evans” , dit-il), VDB semble libéré. Sa victoire d’étape, lundi dernier, pour ce qui était son premier succès chez les pros, y est pour beaucoup : elle a chassé ses doutes.

“Avant, je me demandais toujours si j’allais y arriver, mais maintenant, je n’ai plus peur” , raconte le leader d’Omega Pharma-Lotto.

“Je sais quelles sont mes qualités. Et même si je n’ai pas fait mieux que l’an dernier au classement final (NdlR: il termine à nouveau quatrième), je me sens plus fort que l’an passé, à la fois mentalement et physiquement.”

Une confiance confirmée par son aisance en montagne sur le Dauphiné , où il a été très actif, notamment lors des deux dernières étapes. “Mais je n’ai cependant pas pu créer de différences, je pouvais accélérer mais ensuite pas tenir mon tempo” , nuance VDB . Pour lui, c’est la preuve qu’il n’est pas arrivé en forme trop tôt, coupant court aux rumeurs, qui retiennent que ces dernières saisons, ceux qui marchent au Dauphiné sont trop justes et en forme déclinante sur le Tour de France.

Rentré chez lui, à Morkhoven, avec sa nouvelle copine Femke, la fille de Paul Herijgers, et ses parents dans le camping-car qu’il leur a offert, il repart déjà ce mercredi pour un dernier stage de préparation dans la Sierra Nevada, qu’il va bientôt connaître par cœur, jusqu’au jeudi qui précède le championnat de Belgique. “Afin d’y travailler pour obtenir les derniers pourcents en vue du Tour” , annonce-t-il.

Mais ne lui demandez pas de se situer par rapport à ceux qui étaient sur le Dauphiné et qui seront ses adversaires pour le podium sur le Tour de France (soit un vrai petit peloton avec, entre autres, les Evans, Wiggins, Gesink, Brajkovic, Basso) derrière la lutte annoncée entre Contador et Andy Schleck.

“Le Dauphiné est vraiment une course particulière, où les prétendants au Tour ne vont pas dans le rouge et sur laquelle chacun se prépare à sa façon” , termine-t-il. “Il ne faut donc pas tirer de conclusion. Mais pour le podium à Paris, attention à Wiggins, qui était fort sur ce Dauphiné et qui pourra compter sur le long contre-la-montre de Grenoble, même si cette fois, il viendra en troisième semaine du Tour de France, quand la fraîcheur jouera un rôle très important.”



© La Dernière Heure 2011