Mathieu Van der Poel va enfin découvrir Paris-Roubaix. À 26 ans bien tassés alors que son père et son grand-père avaient respectivement goûté à l’Enfer du Nord à 22 et 23 ans. Cette arrivée tardive, sur un terrain qui convient pourtant à merveille à ses qualités, s’explique en grande partie par la crise sanitaire qui a frustré les amoureux de la Reine des classiques pendant plus de 900 jours. "Roubaix est un objectif depuis pas mal de temps et je suis heureux qu’on puisse enfin y prendre part ce dimanche", reconnaît le coureur Alpecin-Fenix.

Mathieu Van der Poel va donc tenter de devenir le premier novice depuis Jean Forestier en 1955 à remporter Paris-Roubaix. Alors que Philippe Gilbert, lauréat à sa troisième tentative en 2019, est le plus inexpérimenté des vainqueurs du vingt-et-unième siècle. "Je n’ai jamais participé à cette course mais courir Paris-Roubaix sous la pluie sera une nouveauté pour tout le monde", remarque justement le quadruple champion du monde de cyclo-cross. Qu’importe son inexpérience, le coureur Alpecin-Fenix croit en ses chances. "Il y a beaucoup de scénarios possibles sur une course comme celle-là mais je pense que je peux gagner", assure Mathieu Van der Poel.

Lors de la reconnaissance de ce jeudi, le Néerlandais n’a pas réellement pu prendre ses repères. "Les pavés étaient secs lors de ma reconnaissance, excepté une petite section qui était un peu boueuse. J’imagine que cela doit être très glissant lorsqu’il pleut", concède le vainqueur du Tour des Flandres 2020. Mathieu Van der Poel a néanmoins l’habitude d’évoluer sur des terrains piégeux, notamment lorsqu’il martyrise la concurrence dans les labourés. "Je ne sais pas si le fait d’être cyclocrossman va m’avantager. Il faudra, de toute façon, avoir de la chance car quand vous êtes au sein d’un peloton, c’est difficile d’éviter une chute si elle survient juste devant vous. Je devrai rester devant et espérer passer au travers des crevaisons", augure celui qui a levé les bras huit fois cette saison.

Après une grosse période de doute, Mathieu Van der Poel semble de retour à un excellent niveau comme en témoigne sa huitième place à l’occasion des mondiaux de Louvain. "Mon dos n’est pas encore guéri à 100 % mais la douleur ne me gêne plus du tout. J’espère que les championnats du monde m’auront servi à monter encore un peu en puissance. L’objectif est de conclure ma saison sur route d’une belle manière", conclut le coureur Alpecin-Fenix.