Van Petegem brillant, Vandenbroucke ressuscité

Cyclisme

Philippe Van Holle

Publié le

Van Petegem brillant, Vandenbroucke ressuscité
© Photonews
Formidable triomphe belge au Tour des Flandres

MEERBEKE Van Petegem, au sprint, n'a certes laissé aucune chance à Vandenbroucke, mais il était cependant le premier à rendre hommage au jeune revenant à peine passé la ligne. «J'avais dit, jeudi dernier, qu'on verrait seulement ce dimanche où en était vraiment VDB dans son retour vers le sommet, et j'avais même prétendu qu'il ne fallait pas trop attendre de lui, expliquait un Van Petegem d'une incroyable fraîcheur vingt minutes après son sprint victorieux. En ce début de saison, Frank était redevenu coureur, en revenant de très loin, c'était déjà pas mal. Mais ici, il a prouvé qu'il avait retrouvé tout son potentiel. Cela me fait plaisir pour lui et je suis très fier... d'avoir battu un adversaire aussi vaillant.»

Il faut toutefois reconnaître que le natif de Brakel était vraiment trop fort, hier, pour être inquiété par qui que ce soit, même par un Museeuw qui semblait avoir retrouvé toutes ses jambes (mais peut-être pas toute sa capacité pulmonaire), du moins jusqu'au Tenbosse... «Je trouve que, pour un malade, il a vraiment bien couru, commentait le coureur Lotto avec un petit sourire. Je m'apprêtais à accélérer moi-même dans Tenbosse lorsque j'ai vu Johan lancer son attaque. Quand il a coincé, je l'ai utilisé comme rampe de lancement. En réalité, j'avais remarqué auparavant que la course n'était pas suffisamment dure, qu'il y avait trop de coureurs qui revenaient chaque fois de l'arrière, après une difficulté. Je n'avais pas envie d'arriver au Mur de Grammont avec trente hommes dans mon sillage. Il fallait absolument durcir la finale. A Brakel, en plus, j'étais chez moi. Le public m'a littéralement porté lors de ce démarrage.»

A l'analyse, on remarque que les deux coureurs qui se sont disputé la victoire à Meerbeke, ne sont autres que ceux qui avaient réussi à s'épargner pendant près de 220 kilomètres. Au contraire d'un Museeuw qui, un moment, de manière assez incompréhensible, sauta dans toutes les roues, Van Petegem et VDB furent à peine visibles avant leur attaque à Brakel (au km 229). «À ce titre, je tiens à remercier les Rabobank qui ont travaillé très tôt dans la course, lançait le vainqueur du jour avec un gros clin d'oeil à l'adresse de nos collègues hollandais. Quand je les ai vus bosser si fort et si tôt, j'ai rappelé mes équipiers afin qu'ils viennent, avec moi, se protéger du vent au sein du peloton. Les hommes de Théo De Rooy, collectivement, étaient certes les plus forts, mais ils ont payé leur inexpérience du Tour des Flandres. En fin de compte, je n'ai vraiment dû faire travailler mes gars que lorsque les huit Italiens s'étaient retrouvés à l'avant. Mais eux non plus n'avaient pas vraiment bien choisi leur moment en partant au Paterberg. Je savais qu'il suffirait d'une bonne accélération dans le Taaienberg ou Ladeuze pour boucher un trou d'une trentaine de secondes. Boogerd et moi nous étions mis d'accord pour faire travailler chacun de nos hommes: Vansevenant et Wauters.» Comme quoi l'expérience est effectivement plus importante que ne le concédait Van Petegem lui-même avant l'épreuve. Rusé, en plus, l' animal...



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