Rencontre avec Peter Van Petegem et Nico Mattan, deux jeunes (et actifs) retraités du cyclisme

BRAKEL "Pour un retraité, je suis plutôt pas mal occupé ces temps-ci", expliquait Peter Van petegem alors que nous lui demandions comment il se sentait en tant que jeune retraité du vélo. "On ne réalise pas encore, enchaînait Nico Mattan. Après tout, c'est l'époque de l'année où les coureurs sont au repos. Donc, pour l'instant, on ne se sent pas trop différents des autres, sinon qu'on va peut-être à plus de fêtes en notre honneur !"

Et réunir ces deux-là n'aura pas été simple ! Heureusement que Nico et Peter sont deux excellents amis. Comme ils ont régulièrement des contacts, ils ont fini par trouver une date qui les agréait tous deux, avec, au bout du compte, deux heures de causette super-sympas et des interlocuteurs souriants, détendus qui se sont prêtés sans appréhension au jeu, parfois malaisé, des questions et des réponses.

Alors, ces premières semaines de retraite, animées ?

P. Van Petegem : "Oui, il y a eu les dernières courses, les critériums, les fêtes d'adieux, et puis cette nouvelle vie à laquelle on se prépare. Les projets qu'on entrevoit, et, surtout, la vie à la maison, à laquelle on goûte vraiment. Depuis le 11 septembre, je suis remonté trois fois sur mon vélo."

Nico Mattan : "Moi, j'essaie de rouler deux heures trois fois par semaine. Ces derniers mois, j'ai eu beaucoup de travail avec le magasin de vêtements que j'ai ouvert, à Wevelgem, avec ma femme Sabrina. Constituer un stock, décorer, organiser sa vie, tout ça, c'est du boulot. Même si c'est surtout Sabrina qui s'en occupe. Moi, j'ai quand même plus de temps."

En aviez-vous marre du cyclisme ? Étiez-vous usés ?

P. V.P. : "Certainement pas usés. Regardez Duclos-Lassalle, c'est à notre âge qu'il a enregistré ses plus belles victoires. Et en avoir marre, ce serait mal venu. Quand on a la joie de faire de son hobby un travail, on ne peut pas se plaindre et en avoir marre. C'est simplement une décision, prise en concertation avec ma famille. Maintenant il faut assumer."

N.M. : "Usés, non. À 36 et 37 ans, on avait fait son temps. Nous sommes encore des privilégiés d'avoir pu rouler si longtemps. Beaucoup arrêtent entre 30 et 34 ans. " Qu'est-ce qui va vous manquer ? P.V.P. : "En ce qui me concerne ? L'entraînement ! On était une dizaine à rouler ensemble et c'était toujours dans une bonne ambiance. Même si on en bavait parfois à force de se faire mal mutuellement ! La course, qui n'est somme toute que le résultat de votre entraînement, me manquera moins." N.M. : "Moi, c'est exactement l'inverse. C'est l'ambiance du peloton, la course elle-même, qui me manqueront. Pour l'entraînement, j'étais souvent seul; donc c'était plus dur. " Qu'allez-vous faire maintenant que vous ne faisiez pas avant ? P.V.P. : "J'ai toujours bu volontiers un verre, mais avant, on n'était parfois gênés de le faire devant les gens. Maintenant on peut. Avant les grands rendez-vous, comme coureur, je vivais comme un moine !" N.M. : "Ma vie ne va pas changer beaucoup. J'ai toujours fait la fête quand j'en avais envie, surtout l'hiver, bu un verre de temps en temps, mangé des frites lorsque ça me venait à l'esprit (rire). J'ai l'impression d'en faire moins maintenant (avec ce magasin qui doit être ouvert 6 jours sur 7) ! J'ai moins de temps libre et ma femme aussi. "



© La Dernière Heure 2007