Impressionnant sur les pavés, le jeune Belge a surpris Boonen pour gagner le Nieuwsblad

Non seulement il a remporté hier sa première classique, à 23 ans à peine, mais il a en plus battu au sprint Tom Boonen himself ! “Je n’en reviens pas” , souriait, hier, une heure après l’arrivée, le jeune Sep Vanmarcke, qui a marqué les esprits pour le week-end d’ouverture de la saison en Belgique. Car il en a été un des grands acteurs.

Quand Tom Boonen a fait la décision sur le Taaienberg, à soixante bornes du but, c’est lui qui a été le premier à sauter dans la roue. Et c’est encore ce talent découvert il y a deux ans sur Gand-Wevelgem (qu’il termina 2e, devançant au sprint Gilbert) qui pris la course en main en attaquant sur le Molenberg et sur les pavés de Lange Munte.

Je voulais éliminer des coéquipiers de mes adversaires” , explique-t-il, évoquant Devenyns et Hayman, qui protégeaient respectivement Boonen et Flecha. “Et aussi tenter ma chance, même si c’était très dur de partir avec Boonen qui réagissait directement. À priori, je ne dois pas arriver au sprint pour gagner, même si je sais que je ne suis pas le plus lent après 200 kilomètres .”

Dans la dernière ligne droite, il a fait preuve d’une grande maîtrise pour son jeune âge. “J’ai pris soin de me caler dans la roue de Boonen, car c’était la meilleure manière de le surprendre” , poursuit Sep Vanmarcke. “J’étais très concentré. Pas vraiment nerveux. J’ai repensé au sprint de l’an passé, je me souvenais de Flecha qui avait coincé sur la fin, je savais qu’il ne fallait pas partir trop tôt, surtout avec le vent de face.”

Ce que Tom Boonen, lui, a fait. “C’est un sentiment incroyable” , poursuit Sep Vanmarcke, qui a mis du temps à se remettre de ses émotions, longtemps en pleurs au pied du podium. “C’est très fort, surtout après les blessures que j’ai connues (au tendon d’Achille, notamment, NdlR). C’est en voyant les coureurs, les champions, sur les classiques, que j’ai commencé à courir, à 15 ans. Toujours avec le rêve d’en gagner une… Et voilà que j’y parviens. C’est incroyable. Après la ligne, Tom Boonen est venu me féliciter. Il m’a dit : ‘maintenant, cela commence pour toi.’”

Justement, jusqu’où se voit-il aller ? “C’est encore trop tôt pour le dire. Depuis mes débuts, je progresse d’année en année. Et j’ai vite senti que ce sont les courses d’un jour qui me conviennent. Mais je reste réaliste. Face à de vrais champions, comme Cancellara, qui n’était pas là, ou comme Gilbert, qui n’était pas dans la bonne échappée, sur un monument, je risque d’être encore un peu trop court. Mais cet hiver, j’avais demandé à mon équipe si je pouvais être libre sur plusieurs courses. Cela a été le cas, même si le leader désigné, aujourd’hui, c’était Haussler. Ce succès va me donner encore plus confiance en moi. Je ne suis pas une grande gueule. Mais quand je me sens bien, je sais le dire à l’équipe. C’était le cas sur ce Nieuwsblad, j’avais un bon sentiment depuis le début.”

Considéré comme très pro, Sep Vanmarcke fait l’unanimité chez Garmin-Barracuda. En remportant sa première classique à 23 ans, soit l’âge qu’avait un certain Philippe Gilbert lorsqu’il remporta son premier Nieuwsblad, ce Flandrien de Waregem, 4e l’an passé de l’E3, n’a pas fini de faire parler de lui.



© La Dernière Heure 2012