Cyclisme En cas de canicule, l’UCI raccourcira les courses au Qatar où il pourrait faire 40°.

Les matches du Mondial de football 2024, au Qatar, dureront-ils deux fois trente minutes au lieu des quarante-cinq habituelles ? Qui sait…

Le risque existe pour les épreuves des Championnats du Monde sur route qui se tiendront, dès ce dimanche et jusqu’au 16 octobre, à Doha.

L’Union cycliste internationale a annoncé que "le protocole des conditions extrêmes" pourrait être appliqué durant les prochains Mondiaux. Ce mardi, les thermomètres indiquaient 31° à Doha, mais les chaleurs attendues dans les prochains jours vont remonter jusqu’à 36-37° et l’on parle même de 40° pour la semaine prochaine.

"Un groupe de quatre experts examinera les prévisions météorologiques et se réunira avant le départ de chaque course en ligne", dit le communiqué publié par l’UCI qui évoque la possibilité de réduire la course en ligne hommes élites, courue le 16 octobre, "de la section initiale de 150 kilomètres".

C’est cette partie dans le désert qui devait préfacer les tours du circuit local. Là que les Belges comptent faire la guerre et éliminer bon nombre de leurs adversaires.

"Je veux être clair, la santé des coureurs prime avant tout", dit Kevin De Weert, le sélectionneur national. "Ce que je regrette, c’est l’incertitude qui règne. Sera-ce une course raccourcie ? Si oui, va-t-on enlever la boucle dans le désert ? Ce qui nous desservirait beaucoup, nous Belges. Ou supprimera-t-on des tours du circuit local ? Si, je savais aujourd’hui que le Mondial ne fera que 150 kilomètres courus dans les rues de Doha, je changerais mon équipe et j’introduirais Timothy Dupont. Réglementairement, je peux attendre jeudi prochain, le 13, pour le dire. Mais la décision de l’UCI n’interviendra sans doute que le dimanche 16 au matin."

L’UCI a d’ores et déjà prévu des brumisateurs sur le circuit local mais aussi des ravitaillements supplémentaires en eau, notamment via des motos. Ce qui pourrait provoquer d’autres risques en cas de fort vent !

"Ils savaient que le risque existait"

Tom Boonen était hier à Binche.

"On a simplement attendu jusqu’au dernier tour, car on savait que ça risquait de se finir au sprint et ce fut le cas", disait le coureur d’Etixx. "Malheureusement, nous avons été coincés dans la finale. Nous remontions à plusieurs sur la droite, mais un coureur qui était juste devant nous a eu un saut de chaîne en passant dans un trou. On a dû stopper notre remontée dans la côte, c’était perdu. Heureusement, Stybar qui, lui, était sur la gauche de la route a pu jouer la gagne."

Le Campinois est cependant satisfait de sa journée.

"Je me suis bien entraîné", souriait-il, en pensant au Mondial. Dont il a appris aussi qu’il pourrait être écourté.

"Cent cinquante kilomètres et sans désert, c’est différent", avouait-il. "On verra quand on y sera. Mais je ne pense pas qu’ils (l’UCI) vont le faire. Si c’est le cas, on en reparlera alors."

La canicule ne fait pas peur à Tom Boonen.

"La météo, elle est comme elle vient", dit-il. "On ne peut rien y faire. Mais ils savaient que le risque existait quand, il y a trois ans, ils ont vendu le Mondial au Qatar. D’un coup, dix jours avant la course, on en parle, c’est le b... Courir par 35°, c’est possible. Après... Quand est-ce que c’est trop ? Dans certains sports, on a fixé des limites précises. En cyclisme, on doit évaluer. Chacun réagit différemment par temps mauvais. C’est à chacun de gérer son corps, dans ce cas-ci de le refroidir. Moi, je préfère nettement trop chaud que froid."