Vinokourov vainqueur, qui s’en réjouit ?

Cyclisme

Philippe Van Holle

Publié le - Mis à jour le

Vinokourov vainqueur, qui s’en réjouit ?
© Photonews

Le Kazakh s’est imposé à Liège, devant Kolobnev et Valverde : deux (ex-) bannis sur le podium


Notre spécialiste, Eric De Falleur, revient sur la course

Vidéo: Rencontre avec les favoris de la course


La course en images


ANS Autant le dire tout de suite, s’il y avait deux coureurs que les journalistes, les organisateurs, une bonne partie des coureurs et un grand nombre de spectateurs (on a entendu pas mal de sifflets sur la ligne !) n’avaient pas envie de voir s’imposer à La Doyenne, c’est bien Valverde et Vinokourov.

Résultat de la course : ils prennent place sur la première et la troisième marche du podium !

Voilà le casse-tête typique pour un journaliste sportif, plus encore quand on est spécialisé dans une discipline, un sport d’endurance, où le dopage a fait des ravages. Très honnêtement, dans ce pourtant merveilleux sport, la presse fait souvent de la corde raide, la vérité d’un jour n’étant pas forcément celle du lendemain. Comme le disait très justement un de nos confrères, si on a du respect pour tous les efforts consentis il y a différentes gradations, le respect a ses limites.

Nous ne condamnerons jamais un coureur comme David Millar, par exemple, qui s’est dopé, qui a avoué, a payé sa faute et qui a fait avancer la lutte antidopage. Par contre, il y a ceux, comme Vinokourov, qui n’ont rien avoué, mais se sont fait prendre, et ont été suspendus, sans jamais, ensuite, faire quoi que ce soit pour combattre le fléau du dopage. Enfin, il y a ceux qui n’avouent rien, sont fortement suspectés, voire partiellement suspendu… mais qui courent toujours !

Lorsque nous avons demandé à Alexandre Vinokourov, vainqueur diantrement autoritaire, hier, sur les hauteurs de Liège, s’il comprenait qu’on pouvait avoir du mal à lui faire confiance après son affaire de dopage sanguin au Tour 2007, tout en l’interrogeant sur ce qu’il pouvait faire, ou dire, pour rétablir cette confiance, voici ce qu’il a répondu : “Vino est là, c’est la classe. Je démontre qu’on peut gagner sans dopage. La question de la confiance, elle est valable pour tout le monde. Moi j’ai travaillé, voilà le résultat, je gagne des grandes courses. C’est une revanche pour moi.” Certes, mais ce n’est pas ce genre de propos qui nous inciteront à croire aveuglément en ses exploits, même si nous lui laisserons sans problème le bénéfice du doute. Le bénéfice, aussi, de nos doutes…

“Je ne travaille plus avec Ferrari, répondra-t-il encore à une question directe. Je ne côtoie pas Fuentes, je condamne le dopage.” Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.



© La Dernière Heure 2010

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