La formation wallonne va se frotter pendant trois semaines aux plus grosses cylindrées du peloton.

Le Tour de France regorge de petites histoires qui font le bonheur des suiveurs et des spécialistes du vélo. Celle de Wanty-Groupe Gobert est unique. La petite formation wallonne a gravi les échelons petit à petit pour jouer dans la cour des (très) grands en 2017 au Tour de France.

Aucun des neuf coureurs qui roulera dimanche le prologue dans les rues de Düsseldorf n’a jamais pris part à la Grande Boucle. Une grande inconnue pour l’équipe en général, tant du côté sportif que du côté des responsables de l’équipe. Pour montrer le maillot, Jean-François Bourlart, le manager de cette équipe, compte notamment sur les Belges Backaert, Degand, Van Keirsbulck et Vanspeybrouck tandis que Guillaume Martin sera le leader dans la montagne.

"Le Tour, c’est différent de toutes les autres courses", signale Van Keirsbulck, qui a brillamment remporté le Grand Prix Samyn au début de la saison. "Je suis ambitieux, mais aussi réaliste. Les étapes de plaine sont pour les sprinteurs, et en montagne je ne dois pas me faire d’illusion (rires). Je dois viser les étapes de transition. Une étape après une difficile étape de montagne par exemple. Souvent, après une telle étape, il y a une échappée qui part très tôt. Je devrais essayer d’en faire partie et résister jusqu’à la fin. Et si on arrive avec un petit groupe, je dois espérer pouvoir conclure. C’est un rêve, je me rends compte qu’il n’est pas facile à réaliser."

Un autre rêve est aussi celui du Wallon Thomas Degand. À 31 ans, il va découvrir le gigantisme du Tour, un rêve pour tout coureur professionnel. "C’est quelque chose dont je peux être fier, chaque coureur veut courir une fois le Tour dans sa carrière", raconte celui qui n’a pris part qu’à un seul grand Tour dans sa carrière (la Vuelta 2015). "J’ai travaillé dur ces derniers mois pour être présent. C’est un rêve qui se réalise. Petit, je regardais le Tour. C’est même ce qui m’a incité à commencer à rouler à vélo. C’est quelque chose que je pourrai plus tard raconter avec fierté à ma fille Margot. Comme mes coéquipiers, je veux montrer que mon équipe mérite cette invitation."

De toute manière, cette équipe n’a absolument rien à perdre durant les trois prochaines semaines. Si elle venait à remporter une étape, l’histoire en deviendrait presque romanesque, presque trop belle pour paraître vraie. En effet, la sélection de la Wanty-Groupe Gobert sur le Tour de France ne doit pas cacher le début de saison en demi-teinte de la structure hennuyère avec seulement trois petites victoires au compteur. Rien de tel qu’un objectif comme briller sur le Tour de France devant les caméras du monde entier pour remotiver les troupes.