Son sourire était encore plus généreux que d’habitude. Et sa joie était belle à voir, samedi. Tim Wellens a savouré sa victoire conquise à Sabinanigo, où Greg Van Avermaet s’était imposé il y a douze ans sur cette même Vuelta. Pour le puncheur limbourgeois, ce succès a une saveur très particulière. Car il revient de loin. Dans cette saison particulière, réduite à quelques mois, il a craint de ne pas pouvoir revenir à temps. Et de vivre une saison sans victoire, une année sans gloire. Mais il a su rebondir. Juste à temps.

En dominant la bonne échappée de samedi et en se montrant le plus explosif dans la dernière montée face à ses deux derniers adversaires, Guillaume Martin et Thymen Arensman.

"Chaque victoire est belle, mais celle-ci fait vraiment du bien car j’étais dans une mauvaise année", explique-t-il.

Avec sa lourde chute derrière scooter qui l’avait contraint de déclarer forfait pour le Tour de France. Avec comme conséquence, ensuite, une longue recherche de sa condition. Il n’avait pas pu retrouver son meilleur niveau sur les classiques ardennaises qu’il aime tant.

"Et avant le confinement, je n’avais pas pu profiter de ma bonne forme avec une maladie, avant que tout ne soit à l’arrêt", a-t-il ajouté à Sporza. "Quand tu roules mal, tu réalises à quel point c’est gai de pouvoir lutter pour des victoires. Ce succès me fait donc du bien. Même si je n’étais pourtant pas super serein pour cette arrivée à trois. J’avais l’impression que nous étions du même niveau. Mais j’étais légèrement supérieur aux autres et j’avais le meilleur jump à la fin."

Alors que le jeune Arensman a tenté de le surprendre en attaquant au dernier kilomètre, Tim Wellens a répondu avec autorité. Avant de ne jamais donner l’impression à Guillaume Martin qu’il pourrait le devancer à l’arrivée. "Wellens est un des meilleurs du peloton pour de telles fins de course", a commenté le Français.

Déjà vainqueur de deux étapes du Tour d’Italie, conquises en 2016 et en 2018, Tim Wellens a donc ajouté un succès d’étape sur un Grand Tour avec sa victoire décrochée ce samedi à la Vuelta. Il ne lui manque donc qu’un bouquet de vainqueur sur le Tour de France pour rentrer dans le cercle très prisé des lauréats d’étapes sur les trois Grands Tours. Jusqu’à présent, il n’a jamais été en réussite sur la course au maillot jaune, même s’il y a porté le maillot de meilleur grimpeur. Un maillot qu’il porte aussi sur cette Vuelta, même s’il n’en a pas fait un objectif. Il vise plutôt une nouvelle victoire d’étape. "Maintenant, je vais pouvoir poursuivre sans pression", prévient-il.

"Je me sens bien chez Lotto-Soudal"

Wellens a prolongé dans l’équipe belge : il y restera au moins jusqu’à fin 2022.

Lotto-Soudal n’a pas le budget des plus grandes armadas. Depuis longtemps, elle a misé sur un travail de formation avec sa structure pour espoirs. De laquelle elle fait régulièrement monter des jeunes pros. Avec une belle réussite. Puisque, ces dernières années, des Tiesj Benoot (aujourd’hui parti chez Sunweb), le regretté Bjorg Lambrecht ou Tim Wellens ont brillé chez les pros après avoir été formés dans la structure espoirs.

Ce dernier s’y sent bien. Cela fait une décennie qu’il y évolue. Il avait intégré l’équipe des moins de 23 ans dès son passage dans la catégorie, en 2010. Avant de passer dans l’équipe pro, dans le World Tour, à l’été 2012. S’il a été courtisé par d’autres équipes, le puncheur limbourgeois est toujours fidèle à son employeur actuel. Et ce sera encore le cas pour une année de plus.

Tim Wellens a en effet prolongé son contrat d’une saison. Celui-ci arrivait à échéance à la fin de l’année 2021. Il a donc été étendu jusqu’à fin 2022. "Pourquoi changer alors que je me sens bien dans cette équipe ?" explique-t-il. "Lotto-Soudal est, pour moi, comme une famille. Je me suis construit un beau palmarès dans cette structure. Cette équipe a confiance en moi et moi j’ai confiance en elle."

Il est un des plus anciens de l’équipe. De l’effectif de 2012, quand il y a fait ses débuts, il ne reste qu’Adam Hansen, Tosh Van der Sande et lui.

Il gagne chaque année depuis 2014

Tim Wellens et Philippe Gilbert ont plusieurs points communs. Ils sont coéquipiers, ils habitent tous les deux à Monaco, ils ont un lien très fort avec la Wallonie, ils aiment les classiques ardennaises et ils gagnent quasiment chaque année. On le sait, la magnifique série victorieuse du Liégeois va se terminer cette année, lui qui n’a pas pu prendre part à la Vuelta à cause de sa fracture de la rotule subie au Tour de France. Tim Wellens, lui, n’aura pas gagné non plus à chacune de ses saisons. Mais il est lancé dans une belle série victorieuse. Il gagne au moins une fois depuis 2014. Soit deux ans après son arrivée dans le peloton de l’élite.