Vainqueur du Dauphiné, l’Anglais de Sky estime que l’Espagnol ne devrait pas pouvoir disputer le Tour de France

LA TOUSSUIRE Bradley Wiggins, c’est généralement un bon client, comme on dit dans le jargon des médias. Le Britannique n’est en effet jamais le dernier pour dire sa façon de penser. Après avoir remporté le Critérium du Dauphiné sans être trop inquiété par Cadel Evans et Alexandre Vinokourov dans les deux dernières étapes, enlevées par Joaquim Rodriguez, le leader de Sky n’a pas utilisé de langue de bois par rapport à Alberto Contador, qui a confirmé ce week-end qu’il serait bien au Tour de France. Ce qui n’a pas fait sourire l’Anglais.

“Égoïstement, je peux vraiment dire que c’est bien qu’il soit là parce que son équipe Saxo Bank va contrôler la course et que je pourrai me contenter de suivre” , avance, d’abord, celui qui s’était classé quatrième du Tour 2009. Avant d’être plus irrité devant la lenteur de la justice du monde du sport. “Mais sportivement parlant, ce n’est pas bien qu’un mec contrôlé quatre fois (NdlR : quatre échantillons différents de Contador, tous recueillis en fin de Tour 2010, contenaient des traces de clenbutérol) soit présent. C’est mauvais pour les équipes qui se battent pour un cyclisme propre comme le font notamment le Team Sky et le team Garmin-Cervélo. Ce n’est pas normal qu’aucune décision ne soit prise depuis un an, mais les lois sont les lois.”

Wiggins ne s’est certainement pas fait un ami, mais il sait que, même s’il a fait du Tour de France un objectif, ce ne sera pas pour rivaliser avec Contador. “Le battre ou devancer les Schleck n’est pas réaliste pour moi “ , explique-t-il. “Mais un podium à Paris est possible. Je sens que j’ai encore une marge de progression, j’ai appris de mes erreurs en 2010 (NdlR : quand il avait sombré au Tour de France) et mon Dauphiné m’a vraiment rassuré sur mes capacités en montagne.”

Passionné par son sport, Bradley Wiggins est un féru de l’histoire du cyclisme et était, dès lors, très fier d’inscrire son nom au palmarès du Dauphiné. “Il n’y a qu’à voir les noms qui y sont déjà : c’est donc la victoire dont je suis le plus fier” , termine cet ancien champion olympique de poursuite, déjà 3e de Paris-Nice cette saison et qui avait marqué les esprits en battant Fabian Cancellara lors du contre-la-montre du Tour de Bavière.

La fin du Critérium du Dauphiné a aussi confirmé la bonne forme actuelle de Jurgen Van Den Broeck, souvent à l’attaque, et qui a impressionné ses adversaires. Le coup de pédales saignant et la condition grandissante de Robert Gesink, en vue du Tour de France, ont aussi été remarqués.



© La Dernière Heure 2011