On l’a déjà écrit : on peine à s’enthousiasmer pour les courses virtuelles. Bonjour l’ennui ! Mais ces épreuves ont le mérite d’exister. Et l’histoire est belle concernant le Canadien Michaël Woods, qui a dominé l’étape reine, samedi, du Tour de France virtuel. Un succès conquis sur une reproduction des pentes du Mont Ventoux. Et qui a une saveur très particulière pour le coureur d’EF Pro Cycling car il s’est imposé (devant Domenico Pozzovivo et le Sud-Africain Louis Meintjes) un peu plus de quatre mois après avoir été victime d’une fracture du fémur, conséquence d’une chute à Paris-Nice.

Au début de sa convalescence, il pouvait à peine pédaler. Mais le Canadien a persévéré, il a continué à travailler et il semble être revenu à son niveau. Qui est élevé. Car s’il n’est pas le coureur le plus connu du peloton, ce trentenaire s’était classé deuxième de Liège-Bastogne-Liège et troisième du Championnat du Monde 2018.

"Ce succès gonfle la confiance, se réjouit Michaël Woods. Ce dernier mois, j’avais déjà pu voir une belle amélioration de mes performances. J’étais impatient à l’idée de confirmer cela sur les prochaines courses, et ce succès sur cette étape du Tour de France virtuel en est une belle confirmation."

Comme l’étaient ses sensations sur un stage en Andorre avec son équipe, lors duquel il parvenait à accompagner dans les cols le prometteur grimpeur britannique Hugh Carthy, qui sera un outsider pour un bon classement général du Tour d’Italie, en automne. "Je suis donc très heureux de mon retour", poursuit cet ancien athlète de demi-fond, qui s’était mis au vélo à la suite d’une fracture de fatigue au niveau du pied. "Et je me réjouis de pouvoir retrouver le peloton, sur les Strade Bianche."

Déjà présélectionné pour le Tour de France, le coéquipier de Sep Vanmarcke et Jens Keukeleire n’est pas encore certain de faire la Grande Boucle. Mais il devrait enchaîner Milan-Sanremo et le Tour de Lombardie.

"Je reviens de loin, ajoute Michaël Woods. Je me revois encore au sol, avec cette chute à Paris-Nice. L’état de ma jambe était terrifiant ! Je ne craignais pas seulement pour les prochaines courses, mais surtout pour la suite de ma carrière."

Il a été un des gagnants de la mise en pause de la planète à cause du coronavirus : il a pu profiter de cette longue période pour se remettre. "Et je peux toujours rêver des Jeux olympiques, qui ont été reportés d’un an", ajoute-t-il.