Cyclisme À 22 ans à peine, deux titres mondiaux en poche, Wout Van Aert est déjà entré dans l’histoire

Double champion du monde et de Belgique à 22 ans, Wout Van Aert a déjà fait mieux, au même âge, que des géants comme Eric De Vlaeminck, Sven Nys ou Roland Liboton. Au siège de Crélan, le sponsor de son équipe, l’Anversois est revenu ce lundi sur son triomphe de la veille, et tout ce qui l’a entouré.

"Ce fut une période de stress terrible, je suis heureux et aussi rassuré, disait-il. Je pense pouvoir être très fier d’avoir, à mon âge, déjà gagné deux ans de suite les deux principaux titres."

Le prélude au mondial de Belvaux n’avait pas été idéal pour le jeune homme. Van Aert avait pourtant prévenu, tout cela allait le rendre plus fort mentalement.

"Pendant la course, je dois avouer que je n’y ai pas pensé, disait-il. Cela m’avait pourtant perturbé; j’ai dit des choses que je n’aurais sans doute pas dû dire. Je vais m’en excuser auprès de Kevin Pauwels. Mais, je voulais vraiment tout donner pour ne rien avoir à me reprocher ensuite."

Mais, malgré toute la bonne volonté du monde, il faut aussi avoir les jambes pour remporter un Mondial.

"J’ai pris un mauvais départ", avouait le porteur du maillot arc-en-ciel. "Je manquais de rythme à cause de mon manque de préparation. Après un tour, j’ai cru que c’était fichu. L’écart était énorme et ce n’était pas le meilleur Wout Van Aert. Je n’avais pas pu partir sur les chapeaux de roues et il y avait aussi ces boyaux, moins roulants."

C’est notamment avec son arme secrète, des boyaux Michelin, qu’on fabriquait il y a une quinzaine d’années, au profil spécial donnant une meilleure "grip" que le Campinois a construit son succès.

"En rentrant chez moi, dimanche soir, j’ai voulu regarder les images car j’avais entendu des histoires de plein de coureurs ayant eu cinq, six crevaisons, que je croyais difficilement. Le choix des pneus, ça participe, cela fait partie de notre sport. Je ne pense pas avoir volé mon titre. Avant la course, je me suis rendu compte que je sentais moins les pierres avec ces boyaux. Cela m’avait boosté mentalement, je me sentais déjà plus fort. Dommage que cela ait perturbé le déroulement du Mondial mais on ne peut pas nous en vouloir d’avoir fait le bon choix des pneumatiques. On ne les avait d’ailleurs pas pris pour éviter les crevaisons, mais pour avoir une meilleure adhérence, pour être plus à l’aise dans les descentes."

Et de poursuivre: "Bien sûr, j’ai pu distancer Mathieu plus facilement mais ensuite, j’ai pris quand même une demi-minute d’avantage et j’ai maintenu cet avantage. Ma deuxième partie de course a été ma meilleure. Les temps tour par tour (NdlR : où il a réussi les deux meilleurs et a été six fois sur huit en tête) ne mentent pas et donnent aussi une bonne indication. Mais, c’est vrai, j’aurais préféré gagner dans un duel sans ennui technique. J’ajoute que, il y a deux ans, à Tabor, j’avais aussi perdu le Mondial sur deux ennuis mécaniques (des sauts de chaîne). Je sais combien ce n’est pas agréable."

Outre la conquête d’un second titre, Van Aert est revenu du Luxembourg avec une autre bonne nouvelle.

"Mon genou va mieux, disait-il. Ce matin, je le sentais, mais je m’attendais à pire. C’était moins fort que la semaine passée. Je pense que l’inflammation va mieux. J’irai consulter ce mardi mon médecin et on décidera de la suite de mon programme. Je devrais pouvoir finir la saison normalement. A priori, je vais courir mercredi à Maldegem puis surtout samedi à Lille, chez moi…"

Eric de Falleur