Dauphiné Libéré. L’Américain a dominé le chrono où le Wallon (16e) a bien défendu son maillot avant l’étape du Ventoux

BOURG DE PEAGE Philippe Gilbert a agréablement surpris, hier, à l’occasion de la 3e étape du Dauphiné, un contre-la-montre de 43 km, tracé dans la Drôme. Le Liégeois, solide maillot jaune depuis son exploit de la veille, a terminé 16e du chrono, limitant très favorablement les dégâts (2’40 de retard, une seconde de mieux que Vinokourov, par exemple) par rapport aux principaux favoris de l’épreuve, lesquels ont concédé au moins une minute à Zabriskie.

Certes, l’Américain David Zabriskie, le vainqueur, s’est largement imposé à Bourg de Péage, devançant trois compatriotes, Landis, Leipheimer et Hincapie, mais le rouleur de la CSC, véritable spécialiste de l’effort solitaire (il avait déjà gagné le prologue dimanche, et s’était imposé il y a un an lors de la 1re étape contre-la-montre du Tour), n’est pas un candidat pour la victoire finale. A priori, Philippe Gilbert non plus, et pourtant, le coureur de Remouchamps abordera aujourd’hui la montée finale du Mont Ventoux en bonne position.
Dès le premier chronométrage intermédiaire (km 8,5, au sommet de la côte des Marches), Gilbert pointait en 15e position et si le Wallon donna un moment l’impression de se désunir, il était 20e au second poste (km 28,5), il allait se reprendre pour terminer en force, et cependant, face au vent. Dans la finale, le maillot jaune rejoignait et laissait sur place l’Allemand Wegmann, parti deux minutes avant lui.

“Dès le lever, j’ai senti que j’avais bien récupéré des efforts de la veille”, expliquait un Gilbert tout sourire. “Puis, en repérant le parcours, en fin de matinée, j’ai vu qu’il me convenait. C’était un parcours technique avec beaucoup de relances. “Gilbert avait reconnu le tracé dans la voiture de Marc Madiot et effectua, sur son vélo de chrono, les quinze derniers kilomètres. À une telle allure que Madiot pensa même lui demander de lever le pied, avant de le laisser faire.
“J’ai bien travaillé le contre-la-montre ces derniers temps, ma position, la technique, j’ai un peu plus d’expérience aussi”, poursuivait le Liégeois. “J’ai par exemple bien fait de courir à fond l’étape chronométrée du Giro, car on n’a pas beaucoup d’occasions sur une saison. Cela m’a aidé aujourd’hui à bien doser mon effort. “

”Philippe s’est bien battu et a bien limité les dégâts”, assurait pour sa part Marc Madiot. “Il a su rester calme et même très, très tranquille. J’ai dû le corriger quelques fois, le reconcentrer, ce qui est normal, car il est encore jeune. Pour la suite, on verra…”
Car, dès aujourd’hui, le Dauphiné fait la part belle à la montagne. Sur les pentes du Mont Ventoux, on attend la première grande passe d’armes avec Landis, Leipheimer, Hincapie, Mancebo, Vinokourov, Moreau, Mayo, Valverde et ceux qu’on attend dans un mois au Tour de France. Dans son beau maillot d’or, auquel il fera certainement honneur, Philippe Gilbert assistera en retrait à cet affrontement. Au sommet du Géant de Provence, Gilbert peut encore rêver conserver son bien.