Face aux Diables, la Hollande sera d'attaque

Christian Hubert
Face aux Diables, la Hollande sera d'attaque
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Aimé Anthuenis préfère le risque des adversaires de haut niveau pour aguerrir ses jeunes joueurs. Même en cas de défaite très sévère...

LAEKEN Le coach fédéral ne communiquera pas avant ce mardi l'équipe qui débutera contre les Pays-Bas, demain soir, au stade Roi Baudouin, mais il n'y a pas beaucoup de suspense pour autant. Ce devrait être, à une exception près, la formation qui a débuté contre Andorre, lors de la dernière sortie des Diables, au Heysel, le 11 juin.

Le seul changement sera fatalement l'absence de Didier Dheedene au back gauche, puisqu'il n'a pas été retenu dans la sélection. En principe, c'est Peter Vander Heyden qui le remplacera.

On aurait donc, pour rappel, De Vlieger; De Cock, Simons, Van Buyten, Van der Heyden; Mbo Mpenzsa, Clement, Baseggio, Goor; Sonck et Buffel.

Autant de Belges que de Hollandais dans les clubs bataves!

A l'exception de Wesley Sonck, dans l'équipe de base, et de Tom Soetaers, tous deux passés à l'Ajax, tous les autres joueurs sont restés dans leur club, ce qui est très rare. Mais pas qu'il y ait autant de Belges (cinq) que de Hollandais qui évoluent dans les clubs bataves! Que cela inspire-t-il à Aimé Anthuenis? «Tout simplement que les clubs hollandais sont plus riches que les nôtres, puisqu'ils peuvent engager nos meilleurs éléments, alors que nous ne pouvons pas prendre les meilleurs Néerlandais qui jouent tous dans les clubs du top européen.»

C'est dire si, une fois encore, ce match paraît déséquilibré, mais il ne faut davantage pour stresser Aimé Anthuenis: «Tout le monde se plaint et considère qu'on perd son temps quand on affronte, en match amical, des équipes moyennes; c'est aussi mon avis. Lorsqu'on peut rencontrer un grand d'Europe, surtout quand on a, comme nous, une très jeune formation, il ne faut pas hésiter, quitte à prendre une leçon. Si c'est ainsi, c'est le prix qu'il faudrait payer pour aguerrir nos jeunes. Je suis prêt à le payer, et je me félicite de rencontrer aussi l'Allemagne (NdlR: le 31 mars) et la France (NdlR: le 18 février). D'ailleurs, je n'envisage pas de changer mon fusil d'épaule sur le plan tactique, et j'évoluerai en 4-4-2.»

Quelques autres nouvelles du Heysel:

Les Néerlandais joueront tout en noir et les Belges tout en rouge.

Jonathan Walasiak, qui a eu une panne de voiture, est arrivé une demi-heure en retard.

Frédéric Herpoel s'entraîne en solitaire, car il éprouve encore des douleurs, mais sa participation n'est pas mise en cause.

Parmi les 35.000 spectateurs attendus, il faut compter 15.000 invités! On est loin de l'euphorie qui a précédé l' Euro 2000.



Les Bataves font la réputation de nos coaches

C'est peu dire que Belgique - Pays-Bas doit être considéré comme un événement en soi, et pas comme une simple joute de préparation. Aimé Anthuenis n'a pas laissé planer le doute à ce sujet, expliquant qu'il ferait jouer De Cock, pourtant suspendu contre la Croatie, parce que l'adversaire, même amical, mérite, pour lui-même, attention et respect. Il est vrai que chaque coach fédéral a sa propre histoire avec nos voisins bataves, et qu'elle est souvent positive.

La grande équipe de rêve de Cruyff n'avait pas réussi à marquer le moindre but aux Diables de Raymond Goethals en 180 minutes de duels pour la qualification de la Coupe du Monde de 74.

A deux reprises, Guy Thys écarta les vice-champions du monde en titre, des Mondiaux 82 et 86.

Paul Van Himst a battu les Oranges en phase finale de Coupe du Monde, à Orlando.

Georges Leekens avait bien entamé son Mondial 98 en tenant les Hollandais en échec à Paris.

Robert Waseige avait commencé sa carrière fédérale par un tonitruant 5-5 à Rotterdam.

En revanche, Wilfried Van Moer ne put résister à un fatal 0-3 au Heysel et fut prié de prendre la porte après cinq matches seulement. Il n'avait perdu aucun des quatre précédents.

De là à dire que nos voisins du Nord sont capables de faire et défaire nos coaches, il n'y a qu'un pas qu'Anthuenis est, de facto, disposé à franchir.


Le triomphe modeste de Tom Soetaers


L'ancien Anderlechtois vient de signer à l'Ajax, mais n'attrape pas la grosse tête pour autant

BRUXELLES Forcément, on va désormais le voir avec d'autres yeux. Jusqu'ici, Tom Soetaers était un peu considéré en équipe nationale comme un jeune réserviste sans beaucoup d'importance, content d'être là et bien calé sur le banc de touche sans faire vraiment de l'ombre à Bart Goor: six sélections, quatre capes et vingt et une minutes, à peine, jouées, son bilan vaut tous les discours.

Mais aujourd'hui, puisqu'il porte le maillot prestigieux de l'Ajax Amsterdam, son statut, qu'il le veuille ou non, va changer.

Bombardé titulaire, dimanche dernier, dans son nouveau club, quarante-huit heures à peine après y avoir paraphé un contrat de quatre ans, le voilà dans le groupe des Diables Rouges avec une nouvelle étiquette dans le dos. Un nouveau statut qu'il devra naturellement assumer. «Je suis évidemment très heureux de ce qui m'arrive, sourit-il, mais je garde les pieds sur terre. Ce n'est pas parce que j'ai signé à Amsterdam que toutes les portes vont s'ouvrir. Je ne me vois pas revendiquer quoi que ce soit en équipe nationale. A moi de prouver ma valeur dans mon club et le reste suivra. Je sais que Goor est un monument ici et qu'il mérite ce statut.»

«Supporter d'Anderlecht!

Bart Goor, c'est déjà lui qui avait bloqué l'ascension de Soetaers à Anderlecht. Coincé sur le banc parce que le capitaine des Diables était inoxydable, jamais blessé et jamais fatigué, le petit Tom, 1m73, se réfugiait à Roda, en janvier 2000. Beaucoup se disaient alors qu'il disparaîtrait dans les limbes, mais aujourd'hui, il rejoint la secte des footballeurs belges qui ont dû immigrer pour être reconnus.

«Je ne nourris aucune revanche, ni contre le football belge, ni contre Anderlecht. Au Sporting, je n'ai joué que six matchs en équipe A, et jamais comme titulaire. Mais c'est l'équipe qui m'a formé comme footballeur et je ne l'oublierai jamais. Je reste d'ailleurs supporter des Bruxellois. Je suis allé les voir, mercredi passé, contre Cracovie, et j'ai sauté à chaque but... Dans la vie, il faut faire des choix et quand je vois qu'aujourd'hui, je joue à l'Ajax, je me dis que je ne me suis pas trompé.»

Demain soir, Soetaers devrait, comme tous les Diables, jouer au moins une partie de la rencontre. Et retrouver des équipiers, même si finalement, il y a plus d' Ajacides dans la sélection belge que dans le groupe d'Advocaat...

«Trois contre deux, c'est vrai, on en a rigolé dans le vestiaire. Bien évidemment, un Belgique - Hollande n'est jamais vraiment une rencontre amicale et les joueurs néerlandais appartiennent tous au gratin européen. C'est impressionnant, mais je crois que les Belges ont d'autres qualités: la rigueur tactique, la mentalité. Pas question d'avoir peur, demain soir.»

© Les Sports 2003

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