Les footballeurs sont plus exposés à un déclin cérébral après 65 ans: "A cet âge-là, les choses commencent à se dégrader"

Les footballeurs ont plus de risque d'être victimes de problèmes de santé cérébrale après 65 ans que le reste de la population, révèle une étude anglaise publiée vendredi.

Julian Alvarez warms up during an Argentina official training on the eve of the quarterfinal World Cup soccer match between Argentina and the Netherlands in Doha, Qatar, Thursday, Dec. 8, 2022. (AP Photo/Jorge Saenz)
Julian Alvarez warms up during an Argentina official training on the eve of the quarterfinal World Cup soccer match between Argentina and the Netherlands in Doha, Qatar, Thursday, Dec. 8, 2022. (AP Photo/Jorge Saenz) ©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

L'étude SCORES, menée par des chercheurs de l'Université d'East Anglia, dans l'est de l'Angleterre, s'appuie sur des tests menés en ligne pour évaluer à distance les fonctions cognitives et surveiller l'évolution cérébrale.

Quelque 145 anciens footballeurs professionnels y ont participé. Cinquante-cinq d'entre eux ont plus de 65 ans, contre 27 dans l'échantillon test.

D'après les conclusions de l'étude, les anciens footballeurs âgés de 40 à 50 ans ont de meilleurs résultats que la population générale, mais la tendance s'inverse avec l'âge. "C'est lorsqu'ils atteignent 65 ans que les choses commencent à se dégrader", a commenté le Dr Michael Grey, qui dirige l'étude SCORES.

"Les (footballeurs de) plus de 65 ans ont les plus mauvaises performances dans des domaines comme le temps de réaction, les fonctions exécutives (qui permettent notamment de gérer et contrôler des situations non routinières ou d'effectuer plusieurs choses en même temps, NDLR) ou la spatialisation. Ce sont à l'évidence des signes précurseurs d'une dégradation de la santé cérébrale", a-t-il ajouté.

Cette nouvelle étude va dans le sens des conclusions d'une enquête menée par l'Université de Glasgow qui a révélé que les anciens footballeurs risquaient trois fois et demie plus que la population générale de mourir des suites d'une maladie neurodégénérative comme la démence ou la maladie de Parkinson.

Les recherches de ce type ont favorisé une prise de conscience de l'impact des pratiques sportives sur la santé cérébrale et ont notamment débouché sur des appels à une meilleure protection des footballeurs, qu'un jeu de tête à fréquence élevée expose à des risques de commotions cérébrales.

L'étude SCORES va se poursuivre dans les années à venir, et gagner en ampleur avec un échantillon plus large. "Cela nous donnera une image très claire des dégâts potentiels provoqués par le fait de reprendre une balle de la tête", a expliqué le Dr Grey. Elle va aussi tenter de collecter des données concernant les footballeuses.

La famille de Nobby Stiles, champion du monde de football en 1966 avec l'Angleterre mort en 2020 atteint de démence, a annoncé le mois dernier qu'elle comptait porter plainte contre la Fédération anglaise (FA), l'accusant de ne pas avoir suffisamment protégé les joueurs contre le risque de blessures cérébrales.

D'autres sports s'interrogent sur ses conséquences en termes de santé comme la boxe, longtemps en pointe, mais aussi, plus récemment, le rugby.

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