Rencontre avec le Diable Rouge Toby Alderweireld, valeur sûre de l’Ajax à seulement 21 ans

envoyé spécial aux Pays-Bas Benoît Delhauteur

AMSTERDAM Même s’il avait déjà joué avec les Diables Rouges, le grand public l’a vraiment découvert jeudi dernier. À Anderlecht, l’Ajacide Toby Alderweireld a marqué un but en même temps que les esprits.

Avant le match retour, nous sommes allés rendre visite à Amsterdam au jeune défenseur central. Dans le lobby d’un grand hôtel situé sur la place De Dam , à l’abri du regard des touristes et des supporters, il a raconté son parcours. Qui a été semé d’embûches, mais qui l’ont rendu plus costaud mentalement et qui ont fait de lui l’un des défenseurs les plus prometteurs de Eredivisie . Et du football belge...

Toby, avec le recul, quel souvenir gardez-vous de votre belle prestation de jeudi dernier à Anderlecht ?

“J’ai vécu un superbe moment. Comme j’évolue à l’étranger, j’étais fier de pouvoir montrer en Belgique ce que je valais. Les gens ont vu que je pouvais atteindre un bon niveau. J’ai marqué un but qui m’a fait autant plaisir que celui que j’avais inscrit à Milan en Ligue des Champions. Mon but au Parc Astrid était même plus important... Et j’étais encore plus content de mon assist.”

Cette passe a surpris Ariël Jacobs, qui a affirmé qu’il ne voyait pas ce genre de geste dans le championnat belge…

“À l’Ajax, on n’a pas l’habitude de balancer. Sauf quand on peut délivrer un vrai bon ballon. C’est un mouvement qu’on avait travaillé à l’entraînement. Donner ce genre de passes est l’un de mes points forts et c’est une satisfaction pour moi d’avoir pu réussir cela pendant un match européen.”

Où avez-vous acquis une telle qualité de relance ?

“Tout d’abord au Germinal Beerschot, où Simon Tahamata était l’entraîneur technique des jeunes. Mais j’ai surtout appris cela à l’Ajax. Ici, jouer juste est un must .”

Jeudi, votre ligne arrière était composée de quatre joueurs formés à l’Ajax (NdlR : en face, aucun défenseur mauve n’a été formé au RSCA). C’est important ?

“Bien sûr. Et il faut y ajouter notre gardien, Maarten Stekelenburg. Toutes les semaines, nous sommes sept ou huit dans le onze de base. On sait tous par cœur les tâches de chacun. Depuis tout jeune, on a appris à s’habituer à la culture de l’Ajax : il faut toujours gagner, tout en jouant bien. Cela induit énormément de pression. Cela peut gêner les joueurs étrangers qui n’ont pas été formés ici. C’est ce qui est arrivé à Wesley Sonck, par exemple.”

Cette culture de club particulière vous a-t-elle parfois posé des problèmes ?

“En Belgique, si tu n’es pas à ton niveau, on te le dira en tournant autour du pot : tu as été un peu moins bon... Ici, l’entraîneur y va franchement. Il te dira : tu as été mauvais. On s’y fait. Car on reçoit aussi des compliments après une bonne prestation.”

Des éloges à votre égard qui se multiplient ces derniers temps…

“Mais je reste bien calme. Je sais que je ne deviendrai pas le prochain Boussoufa. Je ne suis pas un joueur frivole capable de signer des actions individuelles.”

Vous pensez déjà à votre prochaine étape, après l’Ajax ?

“Sincèrement, non. Je n’ai que 21 ans et je suis titulaire à un poste où la plupart des équipes préfèrent des joueurs expérimentés. Je joue toutes les semaines devant 40.000 personnes et je dispute des matches européens. Que demander de mieux ? J’ai de la chance, et je le sais.”



© La Dernière Heure 2011