L'agent de joueurs Mogi Bayat a déposé une plainte pour diffamation et pour violation du secret de l'instruction, a annoncé son avocat Me Tom Bauwens à l'agence Belga dans une réaction. Cette plainte intervient au lendemain de la diffusion mercredi soir par la RTBF d'un reportage, dans l'émission Investigation, consacré à l'enquête judiciaire menée depuis 2018 au plus haut niveau du football professionnel en Belgique.

Dans ce reportage sur le "footballgate", une suspicion de fraude et de matches truqués dans le football belge, il est suggéré entre autres que Mogi Bayat aurait influencé les play-offs de la Jupiler Pro League lors de la saison 2013-2014 en distribuant des montres de luxe à plusieurs joueurs.

"Les initiatives nécessaires ont depuis été prises pour dénoncer cette violation du secret de l'enquête judiciaire. Compte tenu de la nature des allégations, les initiatives nécessaires sont évidemment prises pour porter plainte au pénal pour diffamation", précise encore le Conseil de M. Bayat.

Selon Mogi Bayat et son avocat, ces documents ont également été prsentés de manière tendancieuse et fragmentée afin d'y associer des histoires et des conclusions très éloignées de la réalité. Mogi Bayat a également été surpris par les allégations, fondées sur des témoignages anonymes ou non, selon lesquelles il aurait influencé des matches, selon l'avocat, qui a ajouté que ces allégations sont catégoriquement démenties : "Plus que cela, l'enquête n'a pas produit un seul élément convaincant qui irait dans le sens d'une quelconque influence sur un match."

Bayat et son avocat ont invité le juge d'instruction et le parquet fédéral à mener des investigations supplémentaires sur d'éventuels matches truqués, et ont entre-temps déposé une plainte pour diffamation et pour violation du secret de l'instruction.

"Mogi Bayat regrette que la sérénité à laquelle il a toujours contribué par son silence ait été brisée de manière aussi honteuse dans une opération de dommages sans précédent et irréparable qui fait fi de sa présomption d'innocence, de ses droits de la défense et du droit à un procès équitable. Dans le même ordre d'idées, il regrette aujourd'hui d'être obligé de présenter ainsi sa défense en public."

Le communiqué du cabinet d'avocat de Mogi Bayat:

"Mogi Bayat a pris connaissance des déclarations faites à son égard et sur sa personne lors de l’émission de la RTBF du 29 septembre 2021, « Le Milieu du Terrain ».

C'est avec le plus grand étonnement que l'on constate que le Parquet Fédéral, au stade actuel de l'enquête, collabore à une émission dans laquelle des pièces et des procès-verbaux d'une instruction judiciaire en cours sont étalées, de manière extrêmement sélective et tendentieuse, au mépris des règles les plus élémentaires du droit pénal et de la procédure pénale, et sont, par fragments, mises en images de façon lisible afin d'y associer des récits et des conclusions très éloignés de la réalité, une réalité qui fait l'objet d'une enquête depuis environ quatre ans.

Entre-temps, les initiatives nécessaires ont été prises pour dénoncer cette violation du secret de l'instruction judiciaire, et l'on peut s'attendre à ce que les autorités judiciaires, comme elles l'ont fait dans la récente affaire Chovanec, prennent elles-mêmes leurs responsabilités. C'est avec un même étonnement que l’on a également pris connaissance des allégations extrêmement diffamatoires portées à l'encontre de Monsieur Bayat par diverses personnes sur la base de témoignages - anonymes ou non – au sujet d’allégations vigoureusement démenties.

Plus encore, l’enquête au cours de laquelle l’ensemble des contacts, communications et échanges de Monsieur Mogi Bayat ont été analysés, n’a pas révélé un seul élément convainquant qui indiquerait la moindre manipulation d’un match quelconque. Monsieur Bayat a d’ailleurs pris un certain malin plaisir à essayer de comprendre l’affirmation selon laquelle il aurait soudoyé des individus pour gagner un match.

Quoi qu'il en soit, Monsieur Bayat a invité aujourd'hui le Juge d'instruction et le Parquet Fédéral, dans la mesure où ils estiment, sur la base de l'enquête qu'ils ont menée, disposer du moindre élément permettant d'étayer les allégations infondées en matière de matchs truqués, d'influence, etc. lors de la saison 2014, ou de toute autre saison, telles qu’elles ressortent du reportage, à procéder à l'identification des témoins anonymes et à poursuivre l'enquête sur cette voie, en ce compris en procédant aux auditions et aux confrontations nécessaires.

Compte tenu de la nature des allégations, les initiatives nécessaires sont évidemment prises pour déposer une plainte au pénal du chef de diffamation. La fascination de nombreux individus pour l’histoire concernant les montres semble sans limite, tout comme le fantasme qui en découle. Il suffit peut-être pour calmer les ardeurs de mentionner que le procès-verbal de synthèse concertant les montres est intitulé « Aperçu des constatations qui ne sont pas relatives au football ». Il est remarquable que les journalistes, qui ont manifestement accès au dossier pénal, aient laissé ce fait de côté. La phrase de ce procès-verbal, rédigée de la main des enquêteurs, selon laquelle « Outre le fait que Mogi Bayat est un collectionneur de boites de montres, … », est également éloquente à cet égard.

Environ quatre années d'enquête et d'innombrables auditions ont apporté une clarté certaine à tous ceux qui doivent prendre position sur cette affaire, une clarté qui contraste fortement avec l'image qui est dépeinte aujourd’hui. Mogi Bayat regrette que la sérénité à laquelle il a toujours contribué par son silence ait été brisée de manière aussi honteuse dans une opération préjudiciable sans précédent et irréparable qui fait fi de sa présomption d'innocence, de ses droits de la défense et du droit à un procès équitable. Dans le même ordre d'idées, il regrette aujourd'hui d'être obligé d’assurer ainsi sa défense en public."