Avec la Seleçao, le Barcelonais brille plus que Messi, de retour chez les Albiceleste.

Lionel Messi n’a jamais caché que la situation l’embarrasse. "Quand il est arrivé, Neymar m’a simplement dit qu’il était un fan et cela m’a un peu gêné", a expliqué, en juin dernier, l’Argentin sur le site du FC Barcelone. "Depuis son arrivée, je me suis rendu compte que ce qu’il disait était vrai. J’étais content que quelqu’un comme lui dise cela de moi et nous entretenons de bonnes relations maintenant."

Les deux hommes, qui ont rallié Belo Horizonte dans le jet du quintuple Ballon d’Or en compagnie de leur coéquipier barcelonais Javier Mascherano, mettront leur amitié entre parenthèses l’espace de ce super Clasico très attendu.

Par les Brésiliens, qui grâce à leur 4 victoires de rang dans ces éliminatoires, ont retrouvé des couleurs au moment de jouer pour la première fois à Belo Horizonte où rode encore le spectre de l’historique 7-1 encaissé contre l’Allemagne lors du Mondial 2014. Par les Argentins en grand danger sur la route du Mondial 2018.

En traversant l’Atlantique, les deux cracks ont aussi retrouvé un contexte totalement différent. Neymar a vite compris qu’à Barcelone, tout ou presque tournait autour de Messi. Le Brésilien s’est mis au service de son aîné, ce qui a facilité son adaptation. Et ses rêves de grandeur personnels se heurtent au règne sans partage de l’Argentin. Le Paris SG a tenté l’été dernier d’activer ce levier en proposant une place centrale dans son projet à Neymar. En vain.

Comme son partenaire de club, le joueur est plus qu’un capitaine en sélection. Il apparaît comme un baromètre. Un faiseur de tendances et même de miracles.

Dans un pays en manque de talents offensifs, Neymar a vite dû vivre avec cette pression et s’y est accommodé. Surtout, à la différence de Messi, il a su gagner avec son pays, effaçant l’été dernier en partie le traumatisme de 2014 pour offrir à la Seleçao l’or olympique, le seul trophée qui manquait encore aux Auriverde .

L’empreinte qu’il a laissée est déjà considérable. À 24 ans, le natif de Mogi Das Cruzes est déjà le 4e meilleur buteur de l’histoire brésilienne (49 buts en 73 sélections) où il est promis à rattraper les monstres sacrés Romario (55), Ronaldo (62) et Pelé (77). "Il est en tout cas déjà meilleur que Romario et Ronaldo", a assuré Tostao dans El Pais.

L’image de Messi au pays est nettement plus brouillée. À force, le peuple argentin s’est même lassé, passant de l’incompréhension à l’énervement après une troisième finale perdue en trois ans lors de la Copa America perdue en juin dernier avec un tir au but manqué par sa star.

L’épisode de l’annonce de sa retraite a fait ressurgir sur le devant de la scène le débat autour de son attachement à la sélection. Et sa volte-face après un mois de réflexion a engendré une polémique : Messi aurait exigé de ne plus être associé à Gonzalo Higuain. Qu’il soit devenu le meilleur buteur de l’histoire de l’Albiceleste (56 en 114 sélections) ne change pas grand-chose : au pays, Messi reste sans couronne alors que Neymar est un roi qui va tenter d’asservir un nouveau sujet.