Football

"You're not special anymore", adressé à José Mourinho, était l'un des chants qui résonnait dans les tribunes de White Hart Lane, samedi, au cours du derby londonien. Un match sans éclat technique ni tactique (alors qu'il opposait ceux que l'on voyait comme les deux meilleurs entraîneurs du monde il y a encore deux ans) qui aura accouché d'un nul logique au terme d'un derby juste assez musclé pour que les 36.000 supporters présents ne regrettent pas leur investissement.

 

Roberto, Rafa, José… même combat

Petite surprise au coup d'envoi de ce Tottenham-Chelsea : Ramires se retrouve aligné sur le flanc droit de l'attaque des Blues. Un choix tactique qui étonne tout de même quand on sait que les véritables ailiers se bousculent sur le banc londonien. Résultat, à la mi-temps José se décidait à sortir Obi Mikel pour replacer le Brésilien à la récupération et faire monter Juan Mata. De quoi s'offrir un retour quelques mois en arrière puisque le onze aligné à ce moment du match l'avait déjà été plusieurs fois par Di Matteo et Benitez.

Après la rencontre, Mourinho encensait son équipe de la deuxième mi-temps. Force est de constater que le Portugais vient de mettre deux mois pour retomber sur les acquis qui étaient ceux de ses prédécesseurs latins. Pas de quoi rassurer Roman Abramovitch qui vient tout de même de dépenser plusieurs dizaines de millions d'euros pour rapatrier le Mou et lui offrir quelques coûteux renforts (Eto'o et Willian en tête).

 

Kevin devra être patient

Venons-en au cas des Diables : si Lukaku a été prêté alors qu'il était sans doute une bien meilleure solution qu'Eto'o, Ba et Torres (encore insipide samedi) réunis, De Bruyne n'a pas eu cette chance. Le rouquin, qui a probablement autant sa place que Romelu dans le onze actuel de Chelsea, s'est une nouvelle fois retrouvé en tribune face aux Spurs.  

Pour expliquer cela, José Mourinho parle de "mérite", expliquant que De Bruyne ne l'avait pas convaincu face à Swindon Town. S'il est normal de prendre en compte la forme du moment lorsqu'on décide de sa feuille de match, depuis quand juge-t-on un joueur sur un seul match, qui plus est un troisième tour de la Coupe de la Ligue ? D'autant plus que le discours sur le mérite devrait bien plus s'appliquer à des Torres, Ramires ou David Luiz, dont la nonchalance vient gâcher leur talent pur mais pas leur crédit aux yeux du Happy One. De Bruyne a pourtant tout du joueur qu'adore José Mourinho en temps normal : une vista incroyable, un sens du sacrifice à toute épreuve et un volume de jeu hors du commun. Ajoutez à cela que KDB pourrait devenir le chef d'orchestre des offensives blues là où Oscar et Hazard sont plus des hommes de finition que des véritables meneurs de jeu, bien que Mourinho les envoie régulièrement chercher le cuir relativement bas.

On ne dit pas que De Bruyne doit être la nouvelle plaque tournante à temps plein de Chelsea dès demain, mais de là à l'écarter du noyau sous de mauvais prétextes, il y a tout de même une marge.

 

L’hôpital se fout de la charité

Étonnons-nous enfin de l'attitude de Mourinho après la rencontre de ce week-end. Après avoir encensé son équipe (ou plutôt celle qu'avaient façonné Di Matteo et Benitez), le Portugais a tenté d'expliquer que l'attitude de Vertonghen avait coûté deux points à son équipe. Certes, le défenseur des Spurs est "coupable" d'avoir fait sortir Torres de ses gonds après plusieurs altercations où il était autant en tort que l'Espagnol. Résultat, El Nino s'est fait exclure suite à une deuxième jaune provoquée par une simulation de notre compatriote. Alors, génie ou crapule, notre Jan national ? Chacun se fera son idée mais une chose est certaine, cette attitude n'est pas sans rappeler celle qui caractérise plusieurs joueurs coachés par le Mou. Pepe en est le meilleur exemple, tandis que les noms de Walter Samuel, Thiago Motta, Alvaro Arbeloa et Ricardo Carvalho nous trottent également en tête.

Bref, lorsqu'on est à court d'idées niveau tactique, que l'on ne parvient pas à justifier un mercato bling-bling et qu'on n'est soi-même guère en mesure de donner des leçons au niveau de l'attitude, on balaie devant sa porte…

Nicolas Christiaens