Football

Alain Bettagno ne resta qu'un an au Club

SERAING En cette fin de saison 1987-88, Alain Bettagno ne laissait personne indifférent : "J'évoluais à l'époque au FC Seraing. J'avais été élu révélation de la D2. Je faisais l'objet de plusieurs propositions flatteuses. J'ai opté pour Bruges car le Club émargeait au top de notre football : il venait d'être champion et il allait disputer l'épreuve européenne majeure. Il m'apparaissait plus familial qu'Anderlecht par exemple. J'ai signé avec lui un contrat de trois ans."

Alain Bettagno n'a pas été trompé sur la marchandise : "Avec Bruges, j'ai eu la chance de disputer mon premier match de Coupe d'Europe. Contre Brondby, j'ai inscrit mon premier but, qui a permis au Club d'affronter Monaco au tour suivant. J'ai découvert, effectivement, un environnement très pro et très chaleureux. Serge Kimoni a facilité mon intégration, à Blankenberge où j'avais élu domicile et au sein du club. Là, j'ai eu le privilège de côtoyer des monuments comme Ceulemans, Degryse, Brylle et Van der Elst par exemple. Je ne parlais pas flamand mais Franky Van der Elst s'exprimait en français. Il m'a beaucoup aidé en rectifiant mes déplacements, en me repositionnant sans cesse. Je lui saurai toujours gré de sa sollicitude. À Bruges, j'ai aussi appris à batailler toutes les semaines car on ne faisait pas de cadeau aux Liégeois ! Il existait, dans le groupe, une petite minorité de joueurs qui te faisait sentir que tu étais wallon."

Alain Bettagno ne resta brugeois qu'une seule saison : "Les huit premiers mois ont été presque idylliques. Puis, j'ai subi une sale blessure au genou. J'ai alors évolué avec les espoirs. Là, je n'ai pas été très bien accepté : j'étais considéré comme un concurrent potentiel, wallon de surcroît."

Bruges tenait à conserver Alain Bettagno : "L'intention du Club était de m'instituer successeur de Ceulemans, comme soutien des attaquants. Le Standard me voulait absolument. Les négociations ont duré deux mois. Finalement, le Standard a payé, pour m'attirer à Sclessin, le double de ce que Bruges avait dû acquitter à Seraing pour m'enrôler."

Alain Bettagno demeura sept ans au Standard : "Je suis arrivé à Bruges un peu trop tôt. J'avais dix-neuf ans. J'étais encore trop renfermé sur moi-même. Si j'y étais passé à 22 ans par exemple, j'aurais sûrement apuré mon contrat... et je l'aurais peut-être même renouvelé."

Sentimentalement, le Serésien espère que le Standard remportera la Coupe de Belgique.

"Le match sera très, très serré. Je pense que Bruges émergera sur la fin car il est au pied du mur, comme il l'a été en demi-finale contre La Gantoise. Le Standard est déjà européen : il a peut-être subi une petite décompression. La rage de vaincre des Brugeois devrait leur permettre de bousculer le... terril."



© La Dernière Heure 2007