De passage en Belgique, Carcela évoque son départ un peu précipité du Standard, son accident, ses ambitions…

BRUXELLES De passage en Belgique, profitant de la trêve internationale, Mehdi Carcela nous a fait l’honneur de se rendre au siège de la DH , à Bruxelles, afin de nous accorder un entretien. Le médian marocain du club russe d’Anzhi Makhachkala, où il côtoie Samuel Eto’o et Mbark Boussoufa, revient sur son départ du Standard, il y a un peu plus d’un an, sur son grave accident lors du match du titre à Genk et évoque son avenir.

Mehdi, aujourd’hui, êtes-vous enfin à 100 % ?

“On peut le dire oui ! Cela a pris plus de temps que prévu (NdlR : il souffrait de multiples fractures au visage – nez, mâchoire, et plusieurs dents cassées), mais je me sens enfin très bien.”

Cela n’était pas le cas la saison dernière. Que s’est-il passé ?

“Pour tout vous dire, je ne me reconnaissais pas moi-même. C’était comme si j’avais oublié ce que j’étais capable de faire. Je souffrais d’un manque de confiance en moi.”

Comment se passe la vie en Russie ?

“Parfaitement bien. Je vis à Moscou, pas loin de notre centre d’entraînement dans une villa implantée dans un quartier privé qui abrite plusieurs joueurs du club. Mbark Boussoufa est d’ailleurs mon voisin.”

Moscou, cela change de Liège…

“Oufti ! À Moscou, tout est plus grand. C’est un mélange de Las Vegas, de Paris et de Londres. Il y a tout ce qui faut pour être heureux. Je me contente de rester à la maison, quand je sors, c’est pour aller au restaurant.”

Votre salaire est également plus important. N’avez-vous pas été tenté de faire des folies ?

“Évidemment, lorsqu’on reçoit son premier salaire, c’est impressionnant. C’était tout nouveau pour moi. Je me suis fait plaisir, mais raisonnablement, en faisant du shopping et en faisant plaisir à mes proches. Aujourd’hui, je gère beaucoup mieux mes revenus, notamment grâce à l’aide de mon cousin qui m’a accompagné là-bas.”

Et vous allez au stade en avion !

“Exact. Il y a deux heures de vol entre Moscou et le stade d’Anzhi. Au début, c’est un peu usant, mais on s’y fait...”

Quid de l’insécurité, du racisme ?

“Depuis que je suis là-bas, je ne me suis jamais senti en danger. Le racisme ? Il est présent partout, pas qu’en Russie. J’entends parfois des cris de singes pendant un match mais c’était déjà le cas au Beerschot par exemple.”

Cet été, il a été question de votre retour en Belgique ?

“Je n’étais pas demandeur d’un transfert. Je voulais rester à Anzhi et je suis content d’y être aujourd’hui.”

On a tout de même parlé d’Anderlecht, de Bruges ?

“Je n’ai jamais eu de contact avec le Club. Anderlecht ? Oui, c’est le seul club belge à avoir pris contact, mais cela n’a pas été plus loin.”

Le Standard n’a donc rien tenté ?

“Absolument rien.”

Comment avez-vous vécu votre départ de Sclessin ?

“Difficilement. J’ai un peu eu l’impression d’être poussé vers la sortie.”

On ne voulait plus de vous ?

“À part Pierre François, qui voulait que je reste. J’ai senti le contraire chez le président, et chez le coach. Dans la presse, José Riga a déclaré qu’il comptait sur des joueurs disciplinés laissant sous-entendre que je ne l’étais pas. Cela m’a touché.”

Sans l’accident, vous seriez resté au Standard ?

“Je pense que j’aurais encore porté la vareuse rouche au moins six mois de plus.”

Aujourd’hui, tout semble bien se passer pour vous ?

“Exactement. J’ai retrouvé mon niveau du Standard et je suis titulaire à Anzhi. Nous sommes leaders du championnat, j’ai délivré sept à neuf assists, et nous menons notre groupe d’Europa League, compétition dans laquelle nous voulons aller loin.”

Quels sont vos objectifs personnels ?

“À court terme ? Marquer plus de buts et laisser une trace dans mon club. Pour le futur ? J’ai un rêve et personne ne m’empêchera de l’atteindre. S’il se situe en Angleterre ? Peut-être. L’Espagne me plaît beaucoup aussi.”



© La Dernière Heure 2012