Olivier Renard a été l'homme du match pour son premier sommet contre Anderlecht

SCLESSIN Son téléphone n'a pas cessé de sonner depuis dimanche soir. Appels, SMS... Olivier Renard a reçu les félicitations de tout le monde. Il faut dire que pour son coup d'essai contre Anderlecht, le gardien du Standard a réalisé un coup de maître.

"Directement après le match, j'ai reçu une quinzaine de SMS" , raconte Olivier Renard. "De ma famille, de mes amis... Notamment Cédric Roussel ou Logan Bailly. Vu l'engouement qu'il y a autour de ce genre de match, il est plus facile de se mettre en évidence : tout le monde regarde."

Les compliments de l'ex- meilleur gardien du monde

Parmi toutes ces félicitations, celles de Michel Preud' homme ont sans doute eu plus de valeur aux yeux du gardien de 27 ans.

Lors de la conférence de presse d'après-match, l'entraîneur liégeois avait dit qu'Olivier Renard avait sorti une prestation digne des gardiens du Standard. Et quand on pense à la véritable tradition de grands gardiens rouches , ces mots prennent tout leur sens : "C'est mon idole et mon exemple quand j'étais petit... Venant de l'ancien meilleur gardien du monde, ce compliment fait plaisir !"

Il y a, enfin, eu les bravos de ses coéquipiers et d'au-tres personnes en interne. Pas de doute, le gardien fait son trou entre les perches rouches : "Ils savent aussi que j'ai été beaucoup critiqué par certains et pas à juste titre. Alors, quand ils peuvent en remettre une couche dans l'autre sens, ils n'hésitent pas. Pour un gardien, c'est important : plus il fait d'arrêts, plus il reçoit des compliments, plus il prend confiance. À Beveren et contre Anderlecht, ce sont les deux seuls matches où j'ai eu beaucoup de ballons. Avant cela, j'avais peu de travail et aussi, hélas ! peu de chance... "

La roue a tourné et désormais la réussite est du côté du dernier rempart liégeois. Cela dit, dimanche, il n'a pas dû embrasser son piquet, comme il l'avait fait au Freethiel. Il a tout simplement été présent et décisif dans les moments importants.

"On voulait trois points, quitteà perdre celui qu'on avait"

"Zitka a, lui aussi, fait un très gros match. Notamment sur le tir de Sergio. Mais il a davantage été sollicité, même si c'était des ballons qui venaient sur lui. Moi, j'ai eu quatre ou cinq interventions à faire mais elles étaient toujours difficiles. Il y a eu le tir de Boussoufa, l'essai à bout portant de Vanden Borre, le tir de Legear dans les dernières secondes... Mais l'arrêt le plus difficile que j'ai eu à effectuer, c'est la tête de Tchite sur un coup franc. Là, j'ai vu le ballon arriver au dernier moment... Le but annulé de Boussoufa ? J'avais entendu le coup de sifflet et j'étais persuadé qu'il était deux mètres hors jeu... Inévitablement cela influence votre réaction..."

S'il se dit très content de son match et de celui de ses coéquipiers, Olivier Renard se dit tout de même déçu : "Du résultat. On méritait les trois points. Finalement, le grand gagnant, c'est le public qui a assisté à un vrai sommet. Anderlecht a joué le jeu, avec presque quatre attaquants, et nous avons pris tous les risques jusqu'à la dernière minute pour prendre les trois points, quitte à perdre celui qu'on avait..."

Le public qui a, à son tour, impressionné le gardien du Standard.

"Quand tu commences le foot à 7 ou 8 ans, c'est pour vivre des moments pareils. L'ambiance était tout simplement exceptionnelle. C'était comparable à ce que j'ai connu en Italie. Là-bas, il y avait peut-être le double de spectateurs mais il y avait souvent une piste autour du terrain. Ici, vous sentez le souffle des supporters dans votre dos. Et quand tout le stade chante et vous encourage, cela vous pousse véritablement vers l'avant. Comme dans les stades anglais où tous les gestes efficaces sont applaudis. C'était comme cela dimanche soir. Hélas ! on n'a pas su l'emporter."


© La Dernière Heure 2006