le club parisien, 17e de Ligue 1, présente tous les symptômes d'une équipe à la dérive qui aura bien du mal à assurer son maintien


PARIS Des cadres aux abonnés absents, un état d'esprit qui s'effiloche, des supporters exaspérés et un entraîneur à court de solutions: le Paris SG, aux portes de la zone de relégation, présente tous les symptômes d'une équipe à la dérive qui aura bien du mal à se maintenir en Ligue 1.

Une équipe en mal de leaders

Malgré la présence de nombreux internationaux et de joueurs d'expérience, Paris se cherche encore un véritable patron pour le sauver. Le mutisme observé par les Parisiens au Camp des Loges, le centre d'entraînement du club, est symptomatique d'une équipe livrée à elle-même qui a pris le parti de sombrer en silence ou de se voiler la face. Les déclarations de Peguy Luyindula dans le journal L'Equipe, jeudi, ("Notre dix-septième place, c'est la faute de tout le monde (...) Je ne veux pas m'habituer à me cacher pour éviter les critiques") ont ainsi été diversement appréciées par ses coéquipiers, à l'image de Mendy pour qui "cela ne sert à rien de parler dans les journaux, la vérité est sur le terrain". S'il est encore trop tôt pour évoquer une fracture dans le vestiaire parisien, le manque de solidarité visible sur et en dehors du terrain a de quoi inquiéter.

Absence de révolte

L'incapacité des Parisiens à renverser le cours d'un match devient de plus en plus préoccupant. Les troupes de Paul Le Guen ont ainsi pris la fâcheuse habitude de sombrer au premier but encaissé. Samedi face à Rennes, l'ouverture du score contre son camp du malheureux Sakho, juste avant la pause (44e), a précipité la débâcle d'une formation qui avait jusque-là fait jeu égal avec son adversaire. Un scénario déjà entrevu une semaine plus tôt à Bordeaux (défaite 3-0) et à Marseille (défaite 2-1), le 17 février.

Des recrues invisibles

Avec l'arrivée au mercato d'hiver des deux Brésiliens Souza et Everton, les dirigeants parisiens pensaient bien avoir apporté une plus-value technique à leur effectif. Un mois et demi après leur signature, leur apport est quasi nul. Souza, positionné sur le côté droit, est transparent et ferait même regretter le départ du fantomatique Frau à Lens. Quant à l'attaquant Everton, il n'a disputé que trois petites minutes contre Marseille, le 17 février au Vélodrome, alors que dans le même temps, le PSG connaît une panne sèche sur le plan offensif (2 buts inscrits lors des six derniers matches).

La fronde des supporters

Si les responsables parisiens comptaient sur l'union sacrée avec leurs fans pour réussir, comme la saison passée, leur opération maintien, ils devront revoir leur stratégie. Une centaine de supporteurs du PSG, sur les 600 présents, ont ainsi quitté le stade de la Route de Lorient en cours de partie pour exprimer leur ras-le-bol. La semaine qui s'ouvre devrait être agitée du côté du Camp des Loges, théâtre d'incidents en décembre. Une grève des encouragements au Parc des Princes n'est pas non plus à exclure pour la venue de Valenciennes, samedi, comme celle organisée fin 2007.

Le Guen au pied du mur

Alors que les joueurs se taisent, l'entraîneur du PSG est en première ligne pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être. Le Guen a convenu, samedi, que "plus cela avance, plus cela devient compliqué". Un aveu d'échec pour un technicien qui a usé (et abusé?) de toutes les options possibles (promotion des jeunes, rappel des anciens) sans résultat probant. Premier responsable d'un recrutement raté à l'intersaison, Le Guen semble naviguer à vue et ne s'accrocher qu'à "l'envie" et aux "efforts" de ses joueurs pour s'en sortir. Des voeux pieux dans le contexte actuel.